Uber : la révolte des "exploités" aux États-Unis et au Royaume-Uni

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
Le monde bouge est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1 - Le 6h - 9h
Partagez sur :

Chaque jour, Axel de Tarlé fait un point sur l'économie.

Les chauffeurs Uber se mettent en grève à Londres et New-York.
À la veille de la gigantesque introduction en Bourse de l'entreprise, les chauffeurs dénoncent la précarité de leurs conditions de travail.

Marx fait son come-back dans les pays anglo-saxons, c'est le travail contre le capital.
Dans le rôle des prolétaires de tous les pays, on a les chauffeurs Uber de Londres, New-York, mais aussi Los Angeles, San Francisco ou Chicago. Ils se sont mis en grève ce mercredi pour dénoncer "la distorsion entre la précarité de leurs conditions de travail et les milliards que s’apprêtent à toucher les actionnaires vendredi".
Puisqu'Uber entre en bourse ce vendredi. L'entreprise serait valorisée autour de 90 milliards de dollars. Ce sera la troisième plus grosse introduction en Bourse de tous les temps (après Amazon et Alibaba).
Les chauffeurs se plaignent de ne pas avoir le statut de salariés en CDI (ils sont autoentrepreneurs). Indépendants, ils sont payés à la course, un peu comme les tacherons d'autrefois.
Cette dichotomie entre la précarité de leur condition de travail et les 90 milliards sonnants et trébuchants de l'entreprise exaspère les chauffeurs.
Un syndicaliste anglais déclare d’ailleurs : "Ce sont les chauffeurs qui ont créé cette richesse extraordinaire, mais ils continuent de se voir refuser les droits les plus élémentaires au travail".

Ce qui est intéressant c'est que l'on est là face à une grève idéologique, sans revendication précise. C’est une grève à la française, où l’on critique le système capitaliste, sauf que cette grève n'intervient pas en France mais en Grande Bretagne et aux États-Unis.
Cela témoigne bien du revirement idéologique qui est à l'œuvre dans ce pays, avec le retour de ce qui était considéré jusqu'à récemment comme une insulte : le socialisme, qui est assumé.
En Grande Bretagne, c'est Jeremy Corbyn (le Chef du Labour dont les idées progressent) qui prône la nationalisation des services publiques et la mise sous tutelle de la finance.
Aux États-Unis, le parti démocrate de Bernie Sanders et maintenant Alexandria Ocasio-Cortez veulent instaurer un impôt sur la fortune.
On assiste bel et bien à une fin de cycle des idées libérales.