Taxation des Gafa : la France veut accélérer

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L'édito économique d'Axel de Tarlé est une chronique de l'émission Trois heures d'info
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Chaque matin, Anne-Laure Jumet décrypte l'une des actualités économiques marquantes du jour.

Anne-Laure Jumet remplace Axel de Tarlé du 22 au 26 octobre 2018.

La France veut donner un coup d'accélérateur à la taxation des GAFA, les Google Apple Facebook et autre Amazon, ce dossier qui s'enlise.

Ce n'est pas la première fois que l'on parle de ce sujet. Comment mieux taxer les géants d’internet, champions de l'optimisation fiscale ?
En mars dernier, la Commission européenne a fait une proposition soutenue par la France : une taxe de 3% sur le chiffre d'affaires généré par les grands groupes du numérique.
Depuis, ça patine. Il faut l'unanimité pour ce type de décision. Or les pays du nord (comme la Suède ou la Finlande) y sont plutôt hostiles. Si le Luxembourg a levé son opposition de principe, l'Irlande (qui profite du système) fait barrage.
Quant à l'Allemagne, elle tergiverse.

On l'aurait plutôt imaginée soutenir cette démarche. Pourquoi traine-t-elle des pieds ?

Le gouvernement Merkel (qui est fragilisé politiquement) craint la riposte des États-Unis puisque les géants dont on parle sont tous américains.
Donald Trump pourrait taxer en retour les constructeurs automobiles allemands. Le ministre des Finances, Olaf Scholz, en a donc appelé ce dimanche à une solution extra-européenne : un taux d’imposition minimum dans le monde entier. Une solution sur laquelle planche actuellement les pays de l’OCDE.

Mais la France est pressée, elle ne veut pas attendre ?

Le ministre de l'Économie, Bruno le Maire, lancera ce mardi un appel à s’engager sans délai en direction de ses partenaires européens. Il se rendra pour cela au Parlement européen, car il veut prendre à témoin les citoyens et leurs représentants.
Si l'Europe n'est pas capable de prendre ce type de décisions, explique t-il, ne disons pas qu'elle sert à quelque chose.
Le ministre fera aussi le déplacement jeudi et vendredi à Berlin.
L’objectif est trouver un accord d'ici la fin de l'année, quelques mois avant les élections européennes, mais ça va être très compliqué. Aujourd’hui, on ne voit pas du tout comment ce calendrier pourrait être tenu étant donné les résistances.