Sommes-nous à l'aube d'une nouvelle crise des subprimes ?

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Le monde bouge est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1 - Le 6h - 9h
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Chaque jour, Axel de Tarlé fait un point sur l'économie.

Sommes-nous à l'aube d'une nouvelle "crise des subprimes" ? Les milieux financiers s'inquiètent après les déboires d'un fond financier commercialisé par les Banques Populaires et la Caisse d'Epargne.

Ce fond s'appelle H20. Il est commercialisé et détenu pour moitié par Natixis, c'est la maison mère des Banques Populaires et des Caisses d'épargnes. Dans ce fond, vous avez des craintes sur "la liquidité de certaines obligations privées".  Je décode : certaines entreprises seraient incapables de rembourser leur prêt. Et donc, les gens qui ont investi dans ce fond paniquent et retirent leur argent. Le problème, c'est l'effet boule de neige. Tout le monde retire en même temps, de peur d'être le dindon de la farce, celui à qui ont dit désolé, il n'y a plus rien.

Donc, 1,4 milliard d'euros ont déjà été retiré. Natixis, la maison mère, tente de rassurer, mais en Bourse l'action Natixis a chuté de plus 10 % la semaine dernière. Pourquoi je vous raconte cela ? Parce que cet épisode ressemble étrangement à celui qui fut à l'origine de la crise des subprimes (le 15 septembre 2008 avec la faillite de Lehmann Brother). Mais, le premier indice de cette crise est apparu un an plus tôt, en France. En août 2008 BNP Paribas, est obligé de fermer trois fonds, devenus illiquides. Parce que dans ces fonds, on avait des prêts immobiliers américains non remboursables, des subprimes. C'est la première fois qu'on entendait ce mot, surement pas la dernière.

Là, il ne s'agit pas d'emprunts immobiliers à risques, mais d'emprunts d'entreprises à risques. Et c'est là la conséquence de la politique très laxiste de la Banque Centrale Européenne, avec des taux à 0%. Résultat : on prête à n'importe qui, y compris à des entreprises non solvables. D'où des problèmes sur ce fond de Natixis. Il ne s'agit pas d'affirmer qu'on est au début d'une crise, mais si on parle autant de cette affaire, c'est parce qu'évidement elle rappelle cet épisode de l'été 2007, qui fut le début de la grande crise des subprimes qui déclenchera la plus grave crise économique depuis les années 1930.