Saint Louis Sucre ne vendra pas ses sites de production

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L'édito économique d'Axel de Tarlé est une chronique de l'émission Trois heures d'info
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Chaque jour, Axel de Tarlé fait un point sur l'économie.

Deux sucreries Saint-Louis vont fermer dans le Nord de La France. Son propriétaire refuse toute reprise du site.

Deux usines de raffinages de sucre vont fermer à Cagny (Calvados) et Eppeville (Somme), 130 emplois sont menacés mais également 2.300 agriculteurs de la région qui produisent des betteraves raffinées et transformées en sucre dans cette raffinerie.
Le plus rageant c'est qu'il y a une offre de reprise de la part des Betteraviers français mais le propriétaire allemand (SudZucker) refuse et joue franc-jeu "Nous n'arrêtons pas la production de sucre pour la proposer à d'autres acteurs, mais bien pour retirer des capacités du marché".
C’est donc la fermeture plutôt que la reprise.

La loi oblige pourtant les grands groupes à chercher un repreneur en cas de fermeture d'un site ?

Exact, il s’agit de la loi Florange. On va voir comment le gouvernement réagit même si, là, Sudzucker est habile techniquement.
Le site de Cagny (par exemple) ne va pas littéralement fermer, il sera fermé en zone de stockage avec huit personnes. Le raffinage sera à l'arrêt mais, techniquement, il n'y a pas de fermeture de site et donc aucune obligation de chercher un repreneur.
Pourquoi ne veut pas vendre ? Parce qu'il y a effectivement une surproduction dans ce secteur. La France produit deux fois plus de sucre qu'elle n’en vend. Il se passe dans le sucre ce qu’il s'est passé dans le lait.
Jusqu'en octobre 2017, il y avait des quotas de production et un prix de rachat garanti qui était supérieur au cours mondiaux. En octobre 2017, on assiste à une fin des quotas et du prix garanti. Les producteurs de sucre ont donc poussé les volumes (+25% en Europe) et on donc produit trop de sucre à un moment où les Français en mangent moins.
Les producteurs sont calés sur les cours mondiaux qui chutent suite à une bonne récolte en Inde et au Brésil, on est passé de 500 à 300 euros la tonne.

Tout le secteur est donc en crise, les 25 sucreries en France.
Crsytal Union, Sucre Daddy, prévoit également de fermer deux sucreries à Bourdon (Puy-de-Dôme) et Toury (Eure-et-Loir).
Nos agriculteurs sont confrontés au grand bain de la mondialisation. Ce n’est jamais simple en matière agricole, il y a un enjeu de souveraineté nationale. Aucun pays n'acceptera de dépendre de l'extérieur pour son alimentation, chacun favorise donc la production locale quitte à se retrouver en surproduction comme pour le lait, le porc et le sucre.