Projet "Sun Cable" : quand l'Australie veut exporter le soleil

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© Europe 1
Le monde bouge est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
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Premier exportateur mondial de charbon, l'Australie envisage un virage énergétique à 180 degrés en voulant construire le plus grand parc solaire du monde. Nommé "Sun Cable", ce projet pourrait produire l'équivalent de dix réacteurs nucléaires.

L’Australie veut construire le plus grand parc solaire du monde. Le roi du charbon veut maintenant exporter son "soleil". 

Il s'agit d'un projet pharaonique, au Nord du pays : dix kilomètres sur quinze de panneaux solaires, pour une capacité totale de dix gigawatts, soit l’équivalent de dix réacteurs nucléaires. Même si au final, en production ça fait moins, car un panneau solaire ne fonctionne qu’une partie du temps. Il ne produit pas la nuit. 

Cette électricité sera exporté : une partie sous forme d’hydrogène, vers le Japon ou ailleurs, et l’autre directement par câble électrique, et ce jusqu’à Singapour via un immense câble sous-marin de près de 4000 kilomètres (techniquement, c’est possible). Cela permettrait d’assurer 20 % des besoins en électricité de Singapour. 

Les promoteurs du projet le disent. L’Australie est aujourd’hui connue pour son charbon (dont elle est le premier exportateur mondial). Nous voulons maintenant exporter des électrons. Et de façon plus lyrique, ils disent vouloir exporter "le soleil" australien. D’où le nom de ce projet, baptisé "Sun Cable", le câble du soleil.

Qui finance ce projet "Sun Cable" ? Et est-on bien sûr qu’il ira à son terme ? 

Ce projet est soutenu par les collectivités locales et plusieurs grandes fortunes du pays, dont l’Elon Musk australien qui explique agir ainsi en réaction à la politique pro-charbon du gouvernement. On voit bien comment les gigantesques incendies du début de l’année, mêlée aux températures caniculaires, ont accéléré les prises de conscience en Australie.

Tant mieux, parce qu’on a parfois l’impression d’un certain fatalisme, d’une impuissance. Et bien, non. Plus le choc est violent, plus la réaction est forte. D’autant que les technologies vertes existent.

Le cout totaldu projet, prévu pour démarrer en 2027, est estimé à douze milliards d'euros. Finalement, c’est moins long et moins cher que l’EPR. Et donc, on se prend à rêver de voir le premier exportateur de charbon au Monde, devenir le premier exportateur mondial de soleil, d’électricité solaire.