Mortifère spéculation des vins de Bourgogne : est-ce la fin de "l'esprit familial" ?

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L'édito économique d'Axel de Tarlé est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Axel de Tarlé fait un point sur l'économie.

Folle spéculation sur les vins de Bourgogne.
Les prix ont atteints des niveaux stratosphériques ce dimanche lors de la traditionnelle vente aux enchères des "Hospices de Beaune".

La Bourgogne est à la mode dans le monde entier.
On l'a vu ce dimanche, à nouveau, lors des traditionnelles ventes aux enchères des Hospices de Beaune.
Des ventes aux enchères organisées par Christies, la maison qui a organisé la semaine dernière la vente du fameux tableau de Léonard de Vinci à 450 millions de dollars (Salvator Mundi).
De la même façon, ce dimanche, on avait des acheteurs au téléphone du monde entier et c'est un Chinois qui a remporté la fameuse "Pièce du Président", dont la recette ira aux bonnes oeuvres.

Et pourtant, tout cet argent représente un danger ces grands vins de Bourgogne. Pourquoi ?

Oui, ça va mal finir car il y a plus chic que d'acheter des grands vins de Bourgogne.
Le nec plus ultra c'est carrément d'acheter un domaine en Bourgogne.
C'est la dernière coquetterie à la mode parmi les milliardaires chinois, américains ou français comme Bernard Arnault. François Pinault vient de racheter le Clos du Tart. Le prix est secret mais on parle de 250 millions d'euros pour sept hectares, à peine.
Car, en Bourgogne, comme les domaines sont peu nombreux et tout petits, les prix flambent.

Du coup, c'est dramatique au moment des successions car les familles se retrouvent incapables de payer les frais de successions.
Mais, les enfants également sont incapables de se racheter les parts entre frères et soeurs.
C'est l'histoire du film de Cédric Klapish "Ce qui nous lie". Le père meurt et les trois enfants sont bien obligés de vendre une partie du domaine familial.
Et même s'ils en avaient les moyens, on est en dehors de toute rationalité économique, on est dans la "coquetterie". Il faudrait des siècles pour rentabiliser ou pour justifier de tels prix. Donc, on vend et on prend le chèque.
C'est le syndrome "Ile de Ré" où les prix flambent, et du coup, les locaux, les propriétaires historiques s'en vont.
Sauf que là, c'est plus grave car toute la magie du Bourgogne s'est bâtie sur ces familles de vignerons où, de génération en génération, on s'est transmis la terre et le savoir-faire.