"L'Humanité" en cessation de paiement : "Cette faillite est le signe de la crise que traverse actuellement la presse écrite"

  • A
  • A
2:20
Le monde bouge est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
Partagez sur :

Chaque jour, Axel de Tarlé fait un point sur l'économie.

 

Bonjour Axel de Tarlé, aujourd'hui vous voulez nous parler du journal L'Humanité qui s'est déclaré en cessation de paiement. Le quotidien a été créé par Jean Jaurès, en 1904 !

Bonjour Nikos, oui reste à voir maintenant, si le tribunal décide un plan de continuation, ou s'il sera tout bonnement liquidé. Car les ventes du quotidien sont tombées à 32.000 exemplaires soit  -6 % sur un an. A titre de comparaison, en 1937 l'Humanité tirait à 350.000 exemplaires ! 10 fois plus ! Cette faillite est le signe de la crise que traverse actuellement la presse écrite : les jeunes ne lisent plus de journaux.  C'est la Presse Quotidienne Régionale qui souffre le plus avec des ventes en baisse année après année : - 23 % en 7 ans. Depuis les années 1990, les ventes quasiment été divisées par deux.

Mais en plus d'avoir moins de lecteurs, la presse écrite attire également de publicités. Toutes les petites annonces (immobilier, voiture d'occasions...) sont parties sur Internet. Et donc, on a des journaux comme "La Marseillaise" ou "Paris Normandie" qui se sont retrouvés en cessation de paiement. Et si on regarde ce qui se passe aux Etats-Unis, qui ont souvent un temps d'avance - l'avenir n'est pas radieux pour la presse régionale. En 15 ans, 1.800 journaux régionaux ont disparu !  Le nombre de journaliste aux Etats-Unis a chuté de 45 %, divisé par deux !

Alors comment font les gens pour s'informer ?

C'est dramatique, les informations locales ne sont plus relayées.  Plus personne pour rendre compte des politiques décidées au niveau local.  Cela pose des problèmes sur le fonctionnement de notre démocratie. Les gens s'informent de façon informelle, avec des sites Facebook, en proie à des Fake News. C'est tout un pan du vivre-ensemble, dans sa région, qui disparaît. Et bien sûr, c'est l'un des éléments qui explique le mal-être actuel et ce sentiment d'abandon de ne plus exister.