L’enjeu colossal de la Fusion Alstom Siemens

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Le monde bouge est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1 - Le 6h - 9h
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Chaque matin, Axel de Tarlé décrypte l'une des actualités économiques marquantes du jour.

Nos TGV seront-ils chinois demain ?
La constitution d'un géant européen du rail (Alstom-Siemens) est menacée.

L'Europe peut se targuer d'avoir quelques leadership dans le monde notamment dans les avions avec Airbus ou encore dans le train avec Alstom qui fabrique notre TGV et Siemens qui fabrique le TGV allemand.
Sauf que dans le rail, c’est de moins en moins vrai. Nous sommes désormais distancé par un géant chinois, CRRC, qui est aujourd'hui quatre fois plus gros que Alstom ou Siemens.
Ce géant chinois maitrise toutes les technologies, y compris la haute vitesse grâce d'ailleurs à nos transferts de technologie. Pour faire simple, le TGV chinois est la copie conforme du TGV allemand.
Maintenant, les Chinois maitrisent toute la technologie et sont quatre fois plus gros.

Comment faire pour retrouver notre leadership dans le rail ?

Justement, l'an dernier Alstom et Siemens ont annoncé vouloir fusionner dans le rail.
Ce nouvel esnemble franco-allemand pèsera 15 milliards d'euros, cela reste deux fois moins que le géant chinois mais c'est une façon de rester dans le course.
Sauf que Bruxelles trouve à y redire au nom de la concurrence. Car effectivement, ce nouvel ensemble franco-allemand va se retrouver en situation de quasi-monopole sur certains marchés. Par exemple en Grande Bretagne, Alstom et Siemens vont se retrouver avec 93% de la signalisation. Une situation hégémonique qui fait tiquer les autorités de la concurrence européenne car ça pourrait faire monter les prix.
Le risque c'est donc de voir (et cela s'est déja vu par le passé) de voir la Commission Européenne, carrément interdire cette fusion au nom de la libre concurrence et de la défense du consommateur.
On voit bien le problème. Si au nom de la concurrence, on ne peut pas créer de géants européens. Demain, nous serons balayés par les nouveaux géants chinois qui, eux, ne se posent pas toutes ces questions de concurrence. Demain, nous roulerons tous "chinois".
La Commission a bien conscience de ce problème. Elle pointe donc effectivement en ce moment, certains problèmes liés à cette fusion mais on ne la voit pas interdire le rapprochement Alstom-Siemens.
Car désormais, tout le monde en a bien conscience, si l'Europe industrielle veut continuer à exister au XXIe siècle, il faut que la Commission Européenne pense un peu moins à la défense du consommateur et un peu plus à faire émerger des leaders mondiaux.