Game of Thrones : "La France est le huitième pays à pirater le plus la série"

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Le monde bouge est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1 - Le 6h - 9h
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Chaque matin, Axel de Tarlé décrypte l'une des actualités économiques marquantes du jour.

Le deuxième épisode de l'ultime saison de Game of Thrones a été diffusé cette nuit. C'est une série très piratée et la France est dans le top 10 des pays où la pratique est la plus courante.

L'épisode deux a été diffusé cette nuit à 3 heures du matin aux Etats-Unis. Une diffusion mondiale et simultanée pour éviter le piratage. Sauf que l'épisode avait déjà fuité sur internet quelques heures avant sa diffusion officielle. On le sait, le piratage est un phénomène massif sur le net. Mais on atteint des sommets avec Game of Thrones. Selon l'institut britannique Muso, le premier épisode [diffusé dans la nuit du dimanche au lundi 15 avril, ndlr] a été illégalement visionné par 55 millions d'internautes à travers le monde, dans les 24 heures après sa diffusion.

"Le problème n'est pas de payer"

Et on a même la liste des pays qui piratent le plus. La première place est trustée par l'Inde avec 10 millions de visionnages illégaux. Suivi par la Chine, 5 millions, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, le Nigeria, l'Iran, le Kenya. La France elle se classe à la huitième place avec 1,3 million de pirates. Et du coup, ça a ravivé le piratage de toute la série. Les sept saisons de Game of Thrones font partie des 25 séries les plus piratées dans le monde.

Oui mais, sans défendre le piratage, il y a énormément de plateformes ! On ne peut pas être abonné à tout.

Exactement, autrefois la vie était simple : il y avait les chaînes gratuites et Canal+ pour avoir le foot et le cinéma. Avec ça, on avait tout. Maintenant, toute cette offre est éclatée : pour le foot, il faut avoir Canal+, mais aussi beIN, RMC sport, et bientôt être abonné à MediaPro. Et dans d'autres secteurs, c'est même pire ! Pour le cinéma par exemple, tout le monde lance sa plateforme de fiction : Amazon, Netflix, Disney, Hulu. Et bien entendu, tout le monde veut des contenus exclusifs. Donc, si vous voulez voir la série prisée la Casa de Papel, il faut s'abonner à Netflix, si vous voulez voir Braquo, il faut Canal+, et pour Game of Thrones, c'est OCS.

"Les plateformes n'arrivent pas à rentabiliser leurs investissements"

Résultat : c'est cher et c'est compliqué. Ce qui est un vrai frein pour les consommateurs. D'autant que le problème n'est pas de payer. Pour s'en convaincre, il suffit de regarder le secteur de la musique avec le succès de Spotify ou Deezer. Mais encore faut-il que l'offre soit suffisamment large. S'il faut un abonnement pour écouter Cabrel et un autre pour écouter Sardou, évidemment, ça ne marche plus.

Donc, le modèle n'est pas viable ?

Dans le foot, on voit bien qu'il y a un sérieux problème. Les plateformes n'arrivent pas à rentabiliser leurs investissements. Dans le cinéma, les productions américaines s'en sortent avec les produits dérivés qui génèrent des milliards. En revanche, c'est sûr que la production française, beaucoup moins riche, est victime de ce piratage, qui la prive au passage d'énormes recettes.