A la Une - L'affaire Malik Oussekine, le 1er-Mai, et Anémone

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La revue de presse est une chronique de l'émission Trois heures d'info
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Chaque jour, David Abiker scrute la presse papier et le web et décrypte l'actualité.

Bonjour David, pour votre revue de presse en ce mercredi 1er mai, vous voulez revenir sur la déclaration d'un député La République En marche qui veut "oublier l’affaire Malik Oussekine".

Bonjour Pierre, bonjour à tous. C’était hier soir dans l’émission C’est à vous sur France 5, l’ancien patron du RAID et député La République En Marche, Jean-Michel Fauvergue est interrogé sur son expérience du maintien de l’ordre, il explique pourquoi à Paris les forces de l’ordre évitent le plus souvent d’aller au contact. La raison s’appelle Malik Oussekine, du nom de l’étudiant frappé à mort par des policiers à moto lors de la manifestation du 6 décembre 1986 contre le projet de loi Devaquet. "Il faut oublier Malik Oussekine".

Malik Oussekine c’est justement un passé qui ne passe pas, c’est un marqueur à gauche et la victime d’une bavure devenue une icône

La formule provoque depuis hier des réactions indignées sur Twitter rapporte le Huffington Post. Plutôt de personnalités issues de la gauche, et la plus mesurée est celle d’Alexis Corbière de la France insoumise : "Chaque policier et gendarme, même dans des conditions difficiles, doit garder en mémoire la scandaleuse mort de Malik Oussekine. Rien ne justifie qu'un être humain meurt sous des coups de matraques. L'oublier c'est trahir la dure mission qui vous est confiée".

Malik Oussekine c’est justement un passé qui ne passe pas, c’est un marqueur à gauche et la victime d’une bavure devenue une icône.

>> À VOIR - Un reportage de l'époque interroge des témoins du drame : 

Mais en suggérant d’oublier Malik Oussekine pour mener une tactique de maintien de l’ordre efficace, le député de la majorité présidentiel obtient l’effet inverse de celui qu’il recherche : Malik Oussekine s’incruste dans les mémoires de ceux qui n’oublient pas.

1er-Mai à Paris, "La guerre est déclarée"

Dans Le Monde daté d’aujourd’hui, voisinent deux 1er-Mai : le 1er-Mai 2018, ce jour où Alexandre Benalla est sorti de son rôle d’observateur au jardin du Luxembourg en prêtant main forte aux policiers. Et puis il y a le 1er-Mai 2019, aujourd’hui. "Un 1er-Mai sous haute tension" titre Le Monde qui rapporte ce qu’on peut lire sur les pages Facebook de ceux qui appellent à un 1er-Mai violent, un 1er-Mai jaune et noir et qui bien sûr ne signent pas leur texte : "Nous lançons un appel à tous les révolutionnaires et à tous ceux qui veulent change, un appel à venir former un cortège déterminé et combatif, car si la répression s’abat sur toute et tous, notre riposte doit être commune et solidaire", et le collectif anonyme de conclure très pacifiquement "La guerre est déclarée".

 

"Gilets jaunes" : pourquoi la CGT a compris trop tard

A 10 jour du 52e congrès de la CGT, Le Monde Diplomatique met en lumière les débats qui monte au sein d’une centrale syndicale, qui n’a pas vu arriver le mouvement des gilets jaunes qui défileront comme elle aujourd’hui. Un mouvement écrit Le Monde Diplomatique qui lui a subtilisé le flambeau de la contestation sociale et pour cause, il est né sur des ronds-points et non pas dans les bureaux. La CGT n’a pas su parler au plus précaires, aux tout petits salaires, aux travailleurs isolés, pire "elle réfléchit mal à la pauvreté et ne comprend pas la misère", cite adhérent à la retraite.

Le 1er-Mai de la CGT est déjà une vieille histoire, car le congrès et ses débats c’est déjà demain

Alors à quelques jours de son congrès les militants se posent des questions : la CGT est-elle toujours un mouvement ouvrier, a-t-elle un projet politique, est-elle révolutionnaire ou réformiste ? Bref, le 1er-Mai de la CGT est déjà une vieille histoire, car le congrès et ses débats c’est déjà demain.

Anémone, la militante derrière l’actrice

Le Huffington Post, encore lui, ressuscite un aspect mal connu de la vie de l’actrice Anémone disparue hier, son engagement militant auprès de l’association Attac. Fervente écologiste et altermondialiste elle avait participé au premier forum de Porto Alegre. Le président du conseil scientifique d’Attac se souvient d’elle : "Elle a compris tout de suite le sens de ce mouvement social et international. Elle partageait notre critique très forte de la mondialisation et notre soutien aux laissés pour compte. Elle était de tous les débats sans jamais se mettre en avant".

Anémone qui rejoignait en 2002 le collectif des piétons contre la confiscation de l’espace urbain et l’invasion des trottoirs par la minorité motorisé, Anémone qui avait aussi participé à des actions d’arrachage de soja OGM. "J’adore les chahuts de groupe" disait ce pilier de la bande du Splendid.

Sorties et coups de gueule provocs

Le Parisien-Aujourd’hui en France tire aussi le portrait d’une grande gueule à travers un florilège de citations fleuries comme son prénom. Sur la maternité "J’ai détesté avoir des enfants. Ça empêche de vivre, ça pompe toute l’énergie et tout le pognon. Et quand ils deviennent sympas, ils foutent le camp !" Sur sa relation brouillée avec la bande du Splendid, "C'est vécu, c’est digéré, c’est chié". Ou sur le monde d’aujourd’hui "Le fric s’est emparé de tout, bon débarras".

Anémone, jamais avare d’une sortie un peu provoc, un peu anar, un peu acide et finalement un peu amer

Et dans le Parisien Aujourd’hui en France cette ultime interview un 31 décembre 2017. Anémone les bras croisés sur la table d’un bistrot explique sans sourire qu’elle arrête. "Tout ça commence à me gonfler sérieusement, ce qu’est devenu le monde, il n’y en a plus pour longtemps lâche-t-elle". Anémone, jamais avare d’une sortie un peu provoc, un peu anar, un peu acide et finalement un peu amer.