Des grains de beauté artificiels pour prévenir certaines maladies

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L'innovation du jour est une chronique de l'émission Europe Matin - 5h-7h
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Anicet Mbida nous offre chaque matin ce qui se fait de mieux en matière d'innovation.

Bonjour Anicet Mbida. Ce matin, vous nous parlez d’innovation dans le dépistage du cancer. On veut utiliser des grains de beauté artificiels pour prévenir certaines maladies.
J’aime beaucoup l’idée. On sait tous que les mélanomes (les grains de beauté suspects) peuvent parfois être cancérigènes. Donc on a pris l’habitude de faire très attention dès que l’on voit un nouveau grain de beauté arriver. Des chercheurs suisses, de l’École polytechnique fédérale de Zurich, ont trouvé une technique qui fait apparaître un grain de beauté dès qu’une personne risque de développer un des quatre cancers les plus répandus (celui des poumons, du sein, de la prostate ou du colon).
L’objectif, c’est d’utiliser le grain de beauté comme un signal d’alerte qui poussera à aller voir son médecin bien avant que les premiers symptômes n’apparaissent. Vous savez qu’il est très important de diagnostiquer tôt un cancer, si on veut avoir des chances de le guérir.
Comment ils arrivent à faire apparaître un grain de beauté uniquement quand il y a un risque de cancer ?
Grâce à un petit implant que l’on place sous la peau. Il s’agit d’un implant totalement biologique. Donc il n’y a aucune électronique à l’intérieur, simplement des cellules génétiquement modifiées pour réagir dès qu’elles sont en présence de signaux avant-coureurs d’un cancer (la concentration de calcium dans le sang par exemple). Et comment elles réagissent ? En produisant de la mélanine, le fameux pigment qui fait brunir la peau et que l’on retrouve dans les grains de beauté.
Donc dès qu’une tache apparaît à l’endroit de l’implant, c’est que quelque chose ne va pas et qu’il faut aller consulter son médecin. C’est à la fois discret et moins contraignant que les dépistages actuels par prise de sang.
Est-ce qu’on pourrait dépister d’autres maladies avec cette technique ?
On pense évidemment au diabète. Oui, ils réfléchissent à d’autres types d’implants qui réagiraient, par exemple au taux de sucre dans le sang (pour savoir quand prendre de l’insuline) ou aux changements hormonaux pour les troubles de l’humeur et du sommeil. On parle beaucoup d’électronique pour surveiller notre santé. J’ai l’impression qu’il faudra aussi compter sur les grains de beauté artificiels.