Reprise économique : quelle est la stratégie fiscale et budgétaire de la France ?

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L'éclairage éco est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
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Malgré les conséquences économiques de la crise sanitaire, le gouvernement assure qu'il n'y aura aucun hausse des impôts et que ce sont les dépenses publiques qui devront baisser. La France à Bruxelles avec ce que l’on appelle le "programme de stabilité" qui prévoit de diminuer la part des dépenses publiques dans la richesse nationale jusqu’à la fin du prochain quinquennat. Nicolas Barré fait le point sur une question d'actualité économique.

La France se fixe un objectif ambitieux pour l’après-crise : pas de hausses d’impôts et baisse des dépenses publiques. Est-ce réaliste ?

On ne l’a jamais fait ! Donc en effet c’est très ambitieux. Peut-on nous croire quand nous affirmons cette double promesse ? Si on était au tribunal, on dirait que les apparences sont contre nous. La France est un multirécidiviste des hausses d’impôts et du dérapage des dépenses publiques. Elle a sans arrêt manqué à sa parole depuis 47 ans, c’est-à-dire depuis que nous avons un budget en déficit. Sur le volet impôts, il faut néanmoins faire crédit à Emmanuel Macron et Bruno Le Maire d’avoir tenu le cap : les impôts ont baissé de 50 milliards sur le quinquennat, moitié pour les entreprises et moitié pour les ménages. Et quand Bruno Le Maire affirme presque tous les jours qu’il n’y aura pas de hausses d’impôts, c’est autant une promesse qu’il formule qu’un bilan qu’il défend. Force est de constater qu’il ne dévie pas de cette ligne.

Mais la pression est forte, d’autres pays font le choix inverse et le FMI estime qu’il serait légitime d’augmenter les impôts.

Oui mais ces autres pays ont tous des prélèvements obligatoires plus faibles que nous : tant mieux s’ils convergent vers nous, ça réduira l’écart mais il reste de la marge. Nos prélèvements obligatoires sont plus élevés de six points de PIB par rapport à la moyenne de la zone euro, ça fait 120 milliards d’euros. Si nous étions dans la moyenne, nous payerions chaque année 120 milliards d’euros de moins en impôts et cotisations sociales. Voilà pourquoi Bercy ne veut pas alourdir encore la barque. Cette promesse, espérons-le en tout cas, est tenable.

Et l’autre, celle de baisser les dépenses ?

C’est ce que vient de promettre la France à Bruxelles avec ce que l’on appelle le "programme de stabilité" qui prévoit de diminuer la part des dépenses publiques dans la richesse nationale jusqu’à la fin du prochain quinquennat. Promesse beaucoup plus incertaine car pour y arriver, il faudrait que les dépenses publiques ne progressent que de 0,7% par an pendant toutes ces années. Or depuis la naissance d’Emmanuel Macron en 1977, ça n’est jamais arrivé ! C’est donc irréaliste. Cela fait partie de ces promesses que l’on fait à Bruxelles et qui agacent nos partenaires car ils ont pris l’habitude que nous ne les tenions pas. Ce faisant, nous nous punissons nous-mêmes et nous nourrissons le ras-le-bol fiscal des générations futures. Gros enjeu pour le prochain quinquennat…