L'État de santé de l’Amérique après Trump et le Covid

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L'éclairage éco est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
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En entrant à la Maison-Blanche, Joe Biden va trouver une économie mondiale en pleine reprise, en route vers une croissance enviable de 4% cette année. Nicolas Barré fait le point sur une question d'actualité économique.

En entrant à la Maison-Blanche, Joe Biden va trouver une économie mondiale en pleine reprise, en route vers une croissance enviable de 4% cette année.

Grâce à de très puissantes mesures de relance publique, mais pas seulement. Joe Biden va soumettre au Congrès un plan de soutien à l’économie de 1.900 milliards de dollars. Ce plan représente près de 10% du PIB de la première puissance économie de la planète. En fait, avant le Covid, l’économie américaine se portait bien, le chômage était au plus bas depuis des décennies. L’économie avait été stimulée par des baisses d’impôt massives.  L’impôt sur les sociétés, notamment, a été ramené par Trump de 35 à 21%. Et parallèlement, Trump avait engagé un gigantesque plan de dépenses d’infrastructures voté à la mi-2019, un an avant le Covid, et prévoyant 2.000 milliards de dollars d’investissements dans les routes, les ponts et diverses infrastructures.

Le Covid a arrêté net cette croissance, mais l’économie a vite surmonté la crise.

Beaucoup d’observateurs de la vie politique américaine estiment que sans sa gestion catastrophique de la crise sanitaire, les électeurs auraient reconduit Donald Trump en le créditant de la bonne santé de l’économie. Cette résilience comporte certes une part sombre. Le Bureau du recensement a publié le mois dernier une étude glaçante montrant qu’un adulte américain sur huit avait souffert de faim au moins une fois dans la semaine précédente. D’où d’ailleurs, ces aides sous forme de chèques aux ménages en difficulté, essentiellement en fait pour se nourrir. Il y en a pour 465 milliards dans le dernier plan de relance, s’il est voté. Le choc de la crise a été très violent, mais le rebond est bien réel et rapide, plus qu’en Europe. La banque centrale américaine prévoit un taux de chômage de seulement 5% cette année et 4,2% l’an prochain, le quasi-plein emploi.

Cette reprise n’est pas seulement due aux mesures de relance.

L’économie américaine dispose en effet de beaucoup d’autres atouts. Pour n’en citer que quelques-uns, les États-Unis sont auto-suffisants en énergie fossile, ils exportent même du pétrole et du gaz. La Tech avec les Gafas et tout l’écosystème autour, est plus puissante que jamais et l’administration Biden, comme l’administration Obama à l’époque, y voit là un instrument de puissance ; Trump était plus critique à l’égard des géants du numérique. Enfin depuis la crise de 2008, la puissance de la finance américaine s’est considérablement accrue, les grandes banques de Wall Street dominent la finance mondiale. C’est un autre atout que l’on mesure souvent mal en Europe, mais qui procure aux États-Unis un avantage comparatif important. En dépit de la concurrence chinoise, la première économie du monde a encore de puissants atouts pour tenir son rang.