Air France-KLM : le torchon brûle entre les Pays-Bas et la France

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L'édito économique est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1 - Le 6h - 9h
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Chaque matin, Daniel Fortin fait le point sur une question d'actualité économique.

Daniel Fortin remplace Nicolas Barré ce lundi 25 février 2019.

Paris ne décolère pas après la montée surprise des Pays-Bas au capital d’Air France ce mercredi. Emmanuel Macron appelle Amsterdam à clarifier sa position tandis que Bruno le Maire rencontrera vendredi son homologue ministre des Finances néerlandais, manifestement le torchon brûle.

Ce mercredi à Bercy, c’est la colère qui dominait devant ce que Paris considère comme un coup de force. Rappelons que les Pays Bas ont annoncé dans la soirée de mardi être montés à 12,8% du capital d’Air France-KLM. Ils l’ont fait en catimini, sans prévenir l’État français qui possède lui un peu plus de 14% du capital. Les Français se sentent d’autant plus floués qu’il étaient précisément en train de négocier des accords avec les Néerlandais pour leur faire plus de place dans l’alliance. Autant dire que l’ambiance n’est plus du tout à la coopération depuis quelques heures.

 

Mais jusqu’où peut aller ce conflit tout de même invraisemblable entre deux pays de l’Union européenne ?

On ne peut pas exclure à ce stade que les choses dégénèrent. Ce mercredi à Bercy, on évoquait clairement l’idée que l’État français monte à son tour au capital d’Air France-KLM. Dans ce cas, on aurait droit à une bataille boursière en règle. Cette affaire met quand même clairement aux prises deux États de l’Union Européenne qui dirigent ensemble l’une des plus grandes compagnies du monde, c’est tout simplement invraisemblable.

 

Qu’est-ce que toute cette affaire dit de l’état de l’Europe en ce moment ?

C’est une preuve de plus des tensions qui y règnent. On l’a vu récemment entre la France et l’Italie, la toile de fond c’est le retour du nationalisme et des sujets industriels qui sont évidemment en première ligne, surtout avec des sociétés aussi symboliques de la souveraineté nationale que le sont les compagnies aériennes. Le résultat c’est que, là où les européens devraient unir leur force pour bâtir des champions face à une Chine qui menace la survie de leurs industries, ils font le contraire. Récemment, la Commission a dit non à un rapprochement entre Alstom et Siemens dans le train. À Bruxelles, il n’y a clairement aucune réelle volonté politique de favoriser l’émergence de grands groupes européens.