L’opération PACA, tous perdants !

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L'édito politique est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
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Chaque matin, Nicolas Beytout analyse l'actualité politique et nous livre son opinion. Ce vendredi, il s'intéresse à l'opération politique ratée pour les élections régionales en PACA. Après Hubert Falco, le maire de Toulon et militant historique Les Républicains, c’est Christian Estrosi, le maire de Nice, qui claque la porte de son parti. L’opération fusion de la liste En Marche avec celle des Républicains en PACA aura été un fiasco total.

Et de deux ! Après Hubert Falco, le maire de Toulon et militant historique Les Républicains, c’est Christian Estrosi, le maire de Nice, qui claque la porte de son parti.

Vous en connaissez beaucoup, vous, des opérations politiques qui ne font que des victimes, qui ne produisent que des dégâts ? Nous en avons un splendide exemple sous les yeux : l’opération fusion de la liste En Marche avec celle des Républicains en PACA aura été un fiasco total. Première victime, le camp Macron, instigateur de la manœuvre, qui a d’abord pris acte publiquement de son inconsistance sur le terrain (pas glorieux politiquement), et qui a échoué à infiltrer ses candidats dans le dispositif de Renaud Muselier, le patron LR de la région. Toujours côté majorité présidentielle, l’ambition de placer les candidats En Marche sous un pavillon de droite a donné de l’urticaire à son aile gauche, une frange toujours prompte à gémir et à se plaindre du positionnement politique du chef de l’État. Rien de bien positif, donc.

Rien de bon non plus à droite ?

Non, rien ! Alors qu’il n’avait déjà à peu près aucune cohérence sur ses idées politiques, le parti s’est déchiré publiquement, les haines personnelles se sont ranimées et deux grands féodaux du parti, les maires de Toulon et de Nice, ont claqué la porte des Républicains. Quant à Renaud Muselier, le président sortant de la région devenue un champ de bataille, il a été accusé de trahison, dégradé puis rétabli dans son ordre, mais en avalant des sardines XXL pour sauver son investiture. Le seul qui pourrait à la rigueur dire ouf, c’est Christian Jacob, le patron des Républicains, qui a réussi à passer la crise et à conserver une petite chance de garder la région à la droite. Un bilan très maigre, donc.

Et Emmanuel Macron, vous le mettez aussi au nombre des victimes ?

Il a raté son opération intrusion en PACA. On verra d’ailleurs dans la journée comment il va s’y prendre avec Eric Dupond-Moretti dans les Hauts-de-France. Autre ratage,: il avait envoyé son Premier ministre à la tête de l’offensive sur PACA, en lui faisant annoncer la manœuvre fusion des listes En Marche et LR. L’échec de l’opération est aussi celui de Jean Castex qui a perdu là une bonne occasion de se montrer en chef de la majorité. La seule satisfaction côté Emmanuel Macron pourra être de se dire qu’il a réussi à mettre un sacré bazar dans la politique locale, comme il avait réussi, en 2017, à ringardiser les partis politiques traditionnels. Sauf qu’à l’époque, il avait une machine de guerre pour les remplacer, son mouvement La République en Marche qui est bien mal en point aujourd’hui.

Xavier Bertrand a accusé le chef de l’État d’être "un calculateur froid, un destructeur".

Oui, c’est aussi un effet de ce Waterloo général : le niveau de violence dans les échanges politiques a franchi un cap. Aucun doute possible, les campagnes électorales s’annoncent dures.