3:09
  • Copié

Le gouvernement devra bientôt trancher sur l'épineuse question du second tour des élections municipales, reportées mi-mars à cause de l'épidémie de coronavirus. Il pourrait proposer la date du 21 juin, plutôt que de repousser l'échéance à la rentrée de septembre, en arguant que les conseils municipaux doivent être installer pour participer à la relance économique du pays. 

Il y a eu quelques bugs, mais la première journée-test du déconfinement s’est plutôt bien déroulée.

Oui, les Français, dans leur grande majorité, ont plutôt fait le choix de la prudence. Mais il y aura beaucoup d’autres moments-tests, dans les jours et les semaines à venir. Et parmi ceux-là, le second tour des élections municipales. On se souvient bien sûr que le premier tour, le dimanche 15 mars, avait créé une grande confusion.

Oui, c’était juste à la veille de l’annonce du confinement.

Exact, et de la fermeture de toutes les écoles. En plus, le samedi soir, le Premier ministre avait annoncé une fermeture immédiate de tous les cafés, hôtels et restaurants. C’était évidemment assez paradoxal de dire aux Français : "pas d’école, pas de vie sociale normale, mais vous pouvez faire la queue dans un bureau de vote".

La décision avait été prise par Emmanuel Macron, quelques jours auparavant, sur avis conforme des scientifiques mais dans un contexte assez chahuté. L’Elysée et Matignon avaient d’abord penché pour un report des élections. Sauf que Gérard Larcher, le Président du Sénat et quelques-uns de ses amis de droite, semblaient y être opposés (ils ont démenti ensuite). Quoi qu’il en soit, il était devenu impossible d’avoir un minimum de convergence de vue sur ce sujet très institutionnel. C’était en fait le premier couac de cette période (qui n’en manquera pas…). 

Donc, le premier tour a eu lieu, et il faut maintenant organiser le second, là où il est nécessaire.

Oui, il faut à la fois installer les maires qui ont obtenu une majorité absolue au premier tour (c’est le cas dans 30.000 communes environ), Et dans les 5.000 autres (dont quelques très grandes villes très symboliques), il faut revoter.

Le gouvernement a promis de trancher le 23 mai prochain, pour un possible second tour le 21 juin. Mais le risque, c’est qu’on rejoue le pataquès du premier tour, avec un déconfinement dont on ne saura pas où il en est, avec une épidémie qui ne sera pas éteinte, des écoles encore fermées, les événements toujours interdits, les rassemblements impossibles. Paradoxal, une fois encore. C’est pourquoi, beaucoup de voix s’élèvent pour que de nouvelles élections (premier et second tour) aient lieu à l’automne prochain, ou même beaucoup plus tard.

Ce qui semble être une option assez raisonnable. Il y a des contre-indications ? 

Oui, décaler ces élections obligerait à reporter tout le calendrier électoral des deux années à venir. Les régionales en particulier viendrait buter sur l’élection présidentielle de 2022. Un vrai casse-tête.

Retour donc, à l’hypothèse d’un second tour en juin, avec un tout nouvel argument en plus : tant que les municipalités n’ont pas été installées, elles ne peuvent pas lancer (ou relancer) de travaux. Dans une France en pleine vrille économique, la manne des travaux publics (c’est 35 milliards d’euros), représente beaucoup d’argent, et beaucoup d’emplois.

On verra bien ce que dira le Conseil scientifique, et si un consensus politique se formera sur cette option. Mais cette fois, à la différence de ce qui s’était passé pour le premier tour, la décision politique de voter ou pas en juin devra tenir compte du facteur économique.