3:05
  • Copié

Cela fait 3 ans ce jeudi 7 mai, qu’Emmanuel Macron a été élu. C’est forcément un bien étrange anniversaire que va vivre le chef de l’Etat. Pas question de célébration, bien sûr, confinement oblige. 

Et puis, l’ambiance n’est pas forcément aux réjouissances. L’année dernière non plus, d’ailleurs : le Président essayait à cette date de retrouver un peu d’oxygène politique, après la crise des Gilets jaunes qui l’avait durement affaibli. Non, il n’y a que la première année qu’il y avait eu une célébration, discrète à l’Elysée, un peu plus voyante parmi les grands acteurs de la Macronie. Evidemment, c’était une autre époque : les douze mois précédents avaient été l’occasion d’une vaste recomposition politique à la main d’Emmanuel Macron, qui avait ainsi pu lancer une rafale de réformes, en général assez réussies….

Alors que ce 3ème anniversaire arrive en pleine crise du coronavirus…

Et juste après la bataille autour de la réforme des retraites. Politiquement, c’est donc un moment très particulier. Toutes les cartes ont été rebattues : économiquement, la crise est pire que la Grande Dépression de 1929 ; socialement, un désastre menace ; sur le plan sanitaire, c’est toujours la grande incertitude ; quant aux rapports de force politiques, ils sont en train de bouger, avec la crise. Dans un contexte pareil, c’est indispensable de se poser la question de l’après. Autrement dit, le plus important, dans ce troisième anniversaire, ce sont les 2 ans qui restent jusqu’à la fin du quinquennat.

Et justement, 2 ans pour faire quoi ?

C’est la question que se sont posés tous les prédécesseurs d’Emmanuel Macron qui ont tous eu, à un moment de leur mandat, à affronter une crise grave. Tous ont alors réorienté leur politique (ce qui ne les a pas empêchés d’être battus aux élections suivantes). Aujourd’hui, le Président sème des petites phrases sur le thème « rien ne ressemblera au jour d’avant », mais on ne sait pas encore précisément si, dans son esprit, cela s’applique au contexte, ou à la manière de gouverner, ou s’il envisage plus que des ajustements, un vrai changement de ligne politique. Au demeurant, il a peu de marges de manœuvre. Y compris sur le plan personnel : Emmanuel Macron n’a pour l’instant pas réussi à conserver le capital confiance qu’il avait reconstitué au début de la crise du coronavirus. Alors qu’Edouard Philippe, lui, voit son score monter dans les sondages…

Et donc, 2 ans pour faire quoi, bien sûr, mais aussi avec qui ?

Vous faites allusion aux petites phrases lâchées ici ou là par Emmanuel Macron, et qui peuvent mettre son Premier ministre en porte-à-faux. C’est assez classique, dans l’histoire de la Ve République. La réalité, c’est que le Covid-19 impose totalement son calendrier (à l’Elysée, on dit qu’il a créé sa propre temporalité à l’intérieur du quinquennat). Ce qui signifie qu’il ne se passera rien d’autre, tant que nous serons en état d’urgence. Conséquence : la manière dont le déconfinement sera perçu, lorsqu’il sera annoncé tout à l’heure, et la façon dont il sera vécu à partir du 11 Mai, tout cela déterminera beaucoup plus le reste du quinquennat que toutes les envolées sur le jour d’après.