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SAISON 2019 - 2020

Le 18 juin 1940, quelques heures avant le général de Gaulle, le Premier ministre britannique Winston Churchill a également prononcé un discours historique. Découvrez cette histoire dans cet épisode bonus de "Au cœur de l'histoire".

En écoutant le récit consacré à l'appel du 18 juin 1940 par le général de Gaulle vous avez peut-être eu envie d'en savoir plus sur le discours prononcé par Winston Churchill le même jour devant la Chambre des Communes. Dans cet épisode bonus de "Au cœur de l'histoire", le spécialiste histoire Jean des Cars vous raconte comment le discours du Premier ministre britannique a lui aussi marqué l'histoire.

Arrivé depuis seulement quelques semaines au pouvoir après le désastre des troupes anglaises en Norvège, la tâche de Churchill n’était pas facile. Il n’était pas aimé de son ministre de l’Intérieur, Chamberlain, ex-Premier ministre, ni de celui des Affaires Étrangères, lord Halifax. Ceux-ci ne rêvaient que de le pousser à la faute pour reprendre le pouvoir.

Le premier discours de Churchill aux Communes, le 13 mai 1940, est célèbre. C’était celui dans lequel il annonçait : "Je n’ai rien d’autre à vous offrir que du sang, de sueur et des larmes".
Il expliquait que le seul but qu’il proposait était : "La Victoire ! La Victoire ! La Victoire !"

Halifax et Chamberlain avaient peu apprécié. Ils étaient partisans d’une négociation avec l’Allemagne et non d’une guerre à outrance. Mais Churchill va se révéler un tacticien de génie. Le 25 mai, la totalité de l’armée britannique sur le sol français se retrouve encerclée par les Allemands à Dunkerque. La Royal Navy ne peut venir à leur secours car elle serait sans doute détruite par l’aviation allemande avant d’atteindre Dunkerque.

Le triomphe de Churchill

Churchill a alors l’idée audacieuse de l’Opération Dynamo : il demande à tous les propriétaires de bateaux privés, de toutes tailles, de se porter au secours des troupes anglaises. Le 4 juin, l’opération se termine par un succès. 335.490 hommes seront évacués ! C’est un miracle. Churchill va alors prononcer un autre discours ce 4 juin, devant les Communes. C’est une allocution où il considère que cette évacuation réussie, sans être une victoire, est un bon début. Le Royaume-Uni se battra partout, sur les mers, sur terre et dans les airs.

C’est un triomphe ! Churchill a pour lui le Parlement, le roi George VI et surtout le peuple britannique. C’est alors que survient la débâcle française et un deuxième miracle pour Churchill : l’arrivée du général de Gaulle à Londres. Et c’est là qu’advient le discours du 18 juin devant la chambre des communes. Churchill commence par : "Nous maintiendrons toujours nos liens de camaraderie avec le peuple français". Et il ajoute : "Les Tchèques, les Polonais, les Finlandais, les Belges ont uni leur cause à la nôtre. Tous ces pays seront libérés".

Des rapports pas toujours simples avec de Gaulle

Si La France ne fait pas partie des pays qui seront libérés c’est que le gouvernement du maréchal Pétain est en train de négocier les conditions de la paix. Et s’il a mis en tête de son discours "le peuple français", c’est parce que Churchill sait déjà que la France sera occupée. Mais il sait aussi que dans une heure ou deux le général de Gaulle va prononcer son appel à la Résistance des Français.

Il faut rappeler qu’à Londres, plusieurs gouvernements européens en exil appelaient aussi à la Résistance. La France en fait désormais partie. Les rapports de Churchill avec de Gaulle n’ont pas été faciles. De Gaulle a bénéficié du soutien du roi George VI dans les moments difficiles. Deux caractères sans doute trop affirmés, trop d’intransigeance. De Gaulle devait s’imposer, Churchill le supportait mal. Néanmoins, leur rencontre a été un élément déterminant de la poursuite de la guerre.

 

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"Au cœur de l'histoire" est un podcast Europe 1 Studio

Auteur et présentation : Jean des Cars 

Cheffe de projet  : Adèle Ponticelli

Réalisation : Laurent Sirguy et Guillaume Vasseau

Diffusion et édition : Clémence Olivier

Graphisme : Europe 1 Studio

Bibliographie : Denis Tillinac Dictionnaire Amoureux du Général (Plon, 2020), François Kersaudy Winston Churchill (Tallandier, 2011), Sous la direction de Patrice Gueniffey et François-Guillaume Lorrain Les grandes décisions de l’histoire de France (Perrin / Le Point, 2018)