Elizabeth II, “God save the queen” (partie 2)

SAISON 2020 - 2021 , modifié à
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[2007-2020] Mariages princiers, jeux olympiques, jubilé de diamant et nouveaux héritiers : les années 2010 marquent le retour de la famille royale britannique sur le devant de la scène internationale. Dans ce nouvel épisode du podcast Europe 1 Studio "Au cœur de l'Histoire", Jean des Cars vous raconte comment Elizabeth II est parvenue, malgré de nouveaux scandales, à faire rimer Windsor et modernité. 

Le mariage de William et Kate marque le début d'une décennie triomphale pour (presque tous) les Windsor. Dans ce nouvel épisode du podcast Europe 1 Studio "Au cœur de l'histoire", Jean des Cars vous raconte comment, malgré le Brexit et l'implication du duc d'York dans l'affaire Epstein, Elizabeth II a définitivement acquis le statut d'icône dans le monde et auprès de ses sujets.   

William et Kate 

Si la reine est préoccupée par les incartades de Harry, elle l’aime tendrement et espère que la vie militaire va contribuer à le stabiliser. Quant à William, l’héritier en second, il lui donne toute satisfaction. Après Eton, période pendant laquelle elle l’a beaucoup vu, il n’opte pas pour Cambridge, contrairement à son père et à son grand-père. Il poursuit ses études à l’université écossaise de Saint-Andrews. On a dit qu’il l’avait choisie pour fuir la pression médiatique qui pesait sur lui à Londres mais il y a peut-être une autre raison : Saint-Andrews se trouve en Ecosse, cela peut donc être interprété comme une façon d’honorer ce territoire essentiel du Royaume-Uni. Quoi qu’il en soit, c’est une excellente université. Et ce coup de projecteur va en faire la plus attractive du royaume ! On raconte que beaucoup de mères de la bonne société s’empressent d’y inscrire leurs filles en espérant qu’elles attirent l’attention du prince.

Les débuts de William sont assez laborieux : le niveau est très exigeant. Il s’est inscrit en histoire de l’art et ne se sent pas à la hauteur. Une amie, Kate Middleton lui conseille alors de changer d’option et de choisir la géographie où il excellait à Eton. Elle lui propose aussi de s’installer en colocation avec elle et d’autres étudiants dans une maison en ville car la résidence universitaire est déprimante.

Ils sont quatre : William, Kate et deux autres garçons. Kate aide beaucoup William. Le prince en fait part à son père et à ses grands-parents, et la jeune femme est rapidement invitée aux vacances de ski à Klosters, en Suisse, avec Charles, et à Balmoral avec Elizabeth et Philip. La jeune fille devient la girlfriend officielle du prince. 

Mais en 2007, à la fin de son cursus, il annonce sa séparation d’avec Kate Middleton. Déception pour la presse : c’est la fin d’un couple idéal qui faisait recette ! William intègre alors l’Académie militaire de  Sandhurst. Il quitte l’armée au début 2009, après avoir suivi une formation d’officier chef de char en 2008 puis des stages dans la Royal Navy et la Royal Air Force d’où il sort pilote d’hélicoptère. Un parcours sans faute.

Lors de sa rupture avec le prince, en 2007, Kate Middleton a été traquée par les médias, mais elle a su rester digne, ne faisant aucune déclaration et gardant toujours le sourire. William a été moins élégant : il avait fêté son célibat dans un club londonien en s’exclamant : "Je suis libre !"

En réalité, c'est son groupe d’amis qui l’a poussé à la séparation. Il faut dire qu’ils avaient toujours traité la jeune femme avec mépris. Fille d’un ancien contrôleur aérien et d’une ancienne hôtesse de l’air qui ont fait fortune dans la création d’un site Internet vendant des articles pour des fêtes et divers événements, elle faisait figure de parvenue. William avait aussi peur que Kate ne supporte pas la tension constante subie par tout membre de la famille royale. Ni Charles, ni la reine ne se sont mêlés le moins du monde de cette romance. 

Mais après son passage dans l’armée, William recommence peu à peu à voir Kate. S’est-il éloigné de ses influences snobs ou a-t-il tout simplement gagné en maturité ? Il ne le dira pas. Mais force est de constater que les anciens amoureux se revoient, d’abord discrètement, puis tout à fait ouvertement. Et le 13 novembre 2010, ils annoncent officiellement leurs fiançailles. Ils apparaissent rayonnants, très à l’aise. Stupeur : Kate porte le saphir entouré de diamants que Charles avait offert à Diana pour leurs propres fiançailles ! Le symbole est écrasant mais la jeune femme ne paraît pas s’en soucier. Elle fait négligemment scintiller le joyau à sa main gauche. Tout comme Diana, elle le porte à chacune de ses apparitions.

Le mariage de William et Kate, le 29 avril 2011, fait le bonheur de la plus grande partie des habitants du Royaume-Uni. Un sondage, réalisé la veille, le démontre : 76% des Britanniques confirment leur attachement à la Couronne. C’est une union moderne. Elle lie la Maison royale à la famille Middleton, les premiers "roturiers" admis à pareil honneur en 350 ans. Un très beau spectacle comme seule la monarchie britannique sait en organiser. Pour la cérémonie, c’est l’abbaye de Westminster qui est choisie, peut-être parce que la cathédrale Saint-Paul n’avait guère porté chance à Charles et Diana…

A la sortie de l’abbaye, William et Kate s’installent dans un landau d’Etat datant de 1902. Lui en uniforme rouge, elle dans une robe de satin et dentelle de Caudry ivoire, dessinée par Sarah Burton, directrice artistique de la maison Alexander McQueen. Ses cheveux sont ornés d’un précieux diadème prêté par la reine. Le véhicule emmène le couple jusqu’à Buckingham Palace. La jeune mariée démontre une maîtrise immédiate du royal wave pour saluer la foule ! Les deux baisers successifs réclamés par les badauds au balcon du palais sont infiniment plus convaincants que le furtif baiser arraché à Charles par Diana, trente ans plus tôt... Tous les records d’audience télévisuelle sont pulvérisés : la cérémonie est suivie par 2 milliards de téléspectateurs dans 180 pays. 

Pour la reine, c’est une grande réussite. Elle donne même son autorisation pour qu’une partie du quatrième étage du palais soit transformée en discothèque pour trois cents invités, avec une boule à facettes réclamée par Pippa, la sœur de Kate, dont la sublime silhouette a hypnotisé le monde entier lors de la cérémonie quelques heures plus tôt. Quant aux DJ, c’est Harry le noctambule qui s’est chargé de la sélection, après de consciencieuses recherches. On danse jusqu’à l’heure du breakfast, servi après cette nuit presque blanche. Prudemment, la reine et le duc d’Edimbourg se sont retirés assez tôt dans le calme de Windsor…

Le duc d’York et Fergie n’amusent pas la reine !

Seule ombre à ce mariage idyllique, le comportement de la duchesse d’York, la fameuse "Fergie". Depuis son divorce en 1996, elle n’a cessé d’accumuler les dettes. Elle avait pourtant gagné une petite fortune en devenant, aux Etats-Unis, l’ambassadrice de Weight Watchers, mais le contrat est rompu parce que la duchesse a repris du poids ! En 2008, elle coproduit un film sur les jeunes années de la reine Victoria avec Martin Scorsese. Il est très réussi mais il a coûté trop cher et Fergie s’est encore endettée. 

Mais le pire survient en juin 2008 lorsqu’elle se fait piéger par un journaliste qu’elle prend pour un homme d’affaires. Rencontré dans un bar d’hôtel, il lui demande de l’aider à contacter son ex-mari le duc d’York, alors ambassadeur pour la promotion des industries britanniques dans le monde entier. La duchesse, assez éméchée, est filmée par une caméra cachée au moment où elle propose de l’aider moyennant... 500 000 dollars ! Une fois de plus, Fergie fait la Une des tabloïds dans une posture accablante ! 

Andrew a vendu leur propriété clinquante dans le parc de Windsor au président du Kazakhstan pour 25 millions de dollars. Depuis, il vit à Royal Lodge, l’ancienne résidence de sa grand-mère dans le parc de Windsor. Il y accueille ses filles Béatrice et Eugénie, mais aussi son ex-épouse. A la veille du mariage de Kate et William, c’est lui qui inquiète la reine. En mars 2011, il apparaît dans tous les journaux britanniques en compagnie d’un milliardaire américain, empêtré dans une sordide affaire de prostitution de mineures… On ne retient pas son nom à l’époque. Il s’agit du pédocriminel Jeffrey Epstein. 

Si le duc d’York n’est alors pas encore impliqué personnellement dans l’affaire, c’est tout de même un  scandale. Par ailleurs les Services Secrets britanniques avertissent la reine que le prince a des relations douteuses avec de soi-disant investisseurs et autres oligarques de républiques d’Asie Centrale.  Andrew a-t-il profité de sa mission d’ambassadeur chargé de promouvoir le commerce et l’industrie du Royaume-Uni pour traiter des affaires plus personnelles ? 

Une partie du gouvernement souhaite sa démission mais David Cameron, Premier ministre depuis le 11 mai 2010, apporte son soutien au fils de la reine. Celle-ci le sermonne mais elle est soulagée que ce début de scandale ne soit pas venu ternir les festivités du mariage de Kate et William. Lors d’une cérémonie privée à Windsor, elle promeut même Andrew Grand-Croix de l’Ordre de Victoria, une façon de signifier que, pour elle, l’affaire est close. Mais cet immense honneur est-il bien mérité, ou la reine n’a-t-elle fait que protéger son fils préféré, une fois de plus ?

2012 : jubilé de diamant, jeux olympiques et nouvel héritier 

Pour son jubilé de diamant (60 ans de règne) le 3 juin 2012, Elizabeth II a voulu un événement si exceptionnel qu’il dépasse toutes les célébrations précédentes. En écho à la parade du roi Charles II Stuart qui, en mai 1662, avait descendu la Tamise accompagné d’une véritable armada richement décorée pour célébrer son mariage avec Catherine de Bragance, la souveraine a souhaité qu’une armada de bateaux escorte la sienne sur onze kilomètres, de  Battersea Park à Tower Bridge. A 14h30, elle monte, accompagnée de la famille royale, à bord du Spirit of Chartwell, une barge redécorée dans le goût du XVIIe siècle. Le navire est un véritable jardin : 90 guirlandes, 140 plantes et des milliers de fleurs. Sous un dais de bois doré, deux fauteuils de velours cramoisi attendent la reine et le duc d’Edimbourg. Mais ils restent finalement debout, saluant la foule sur les berges, sans manifester la moindre fatigue pendant tout le trajet.

Le défilé fluvial est époustouflant. La flottille royale s’avance au milieu d’un alignement de voiliers et le Tower Bridge s’ouvre pour laisser passer l’extraordinaire convoi formant une sorte d’arc de triomphe. Les canons tonnent, un feu d’artifice est tiré depuis les tours du pont. Devant les docks, un bateau appelé Symphony accueille le London Philharmonic Orchestra pour enchaîner diverses hymnes jusqu’à l’obligatoire God save the Queen. Il pleut mais Elizabeth II, véritable reine de diamant, reste debout,  face au vent de l’histoire.

Les festivités se suivent et ne se ressemblent pas. Le 27 juillet 2012, pour l’inauguration des jeux olympiques, Elizabeth II accepte d'apparaître dans un film très court où elle interprète son propre rôle. A 86 ans, elle n’oublie jamais que l’humour est dans l’ADN des Windsor. Un taxi s’arrête devant Buckingham Palace. Un homme en descend en smoking. C’est James Bond, l’agent 007, incarné par Daniel Craig. Il est accueilli par les trois corgis de la reine et un majordome qui l’accompagnent à son bureau. Vêtue et chapeautée de rose, elle accueille son visiteur : "Good Evening Mister Bond". Il répond : "Good evening Your Majesty". La reine se lève, tous deux empruntent un corridor, descendent l’escalier accompagnés des mêmes corgis et majordome. Un hélicoptère les attend. Ils y montent. Cinq secondes plus tard, l’appareil survole le stade olympique. La souveraine et James Bond s’élancent dans le vide avant d’ouvrir leurs parachutes aux couleurs de l’Union Jack. Sensation internationale !

L’année suivante apporte une autre occasion de se réjouir pour Elizabeth II. Le 22 juillet 2013, la duchesse de Cambridge, Kate, accouche à 16h24, à l’hôpital Sainte Mary, d’un garçon de trois kilos huit : George. Le baptême du petit prince est immortalisé par une photo que la reine a voulue comme un pendant à celle de Victoria dans la même situation, en 1895 : sur une même photo, la souveraine régnante, son héritier le prince de Galles, Charles, l’héritier en second, William et en troisième position, George, en robe de baptême dans les bras de son père. Quatre générations de Windsor sur une même photo : effectivement, on n’avait pas vu cela depuis Victoria.

Mais deux ans plus tard, la reine est préoccupée. Le premier ministre écossais a proposé à ses compatriotes de voter pour ou contre l’indépendance de leur pays. Il faut rappeler que l'Écosse jouit d’une large autonomie, avec un Parlement, un Premier ministre et un gouvernement. L’indépendance est un cauchemar pour Elizabeth, à moitié écossaise par sa mère et si attachée à ce territoire qu’elle y passe ses vacances d’été depuis sa naissance. Le 18 septembre, l’Écosse refuse l’indépendance à 55,3%. Ouf ! La reine en aurait "ronronné de plaisir" d’après David Cameron qui lui a annoncé la bonne nouvelle. Mais les volontés séparatistes ne vont pas tarder à réémerger, cette fois côté anglais. 

Le Brexit gâche les 90 ans de la reine 

L’année 2016 prend une dimension exceptionnelle au Royaume-Uni : on célèbre en même temps les 90 ans de la reine et les 95 ans du duc d’Edimbourg. Une fois de plus, Elizabeth II innove. Le 11 juin 2016, un immense pique-nique est organisé sur le Mall, cette grande avenue qui relie Buckingham Palace à Trafalgar Square. 10 000 convives, représentant les 600 associations et fondations que parraine Sa Majesté, prennent place autour de 1 700 tables et 10 000 paniers pique-nique sont distribués. Tout a été organisé par la princesse Anne et son fils Peter Phillips. Le duc de Cambridge remercie publiquement sa grand-mère : "Grannie, merci pour tout ce que tu as fait pour notre famille. Nous te souhaitons un bon anniversaire."

Puis, toute la jeune génération Windsor, William, Kate, Harry, Eugénie et Béatrice vont à la rencontre de la foule. Mais la belle fête va être un peu gâchée car le Premier ministre, David Cameron, certain d’obtenir une réponse positive, organise 15 jours plus tard, le dimanche 25 juin 2016, un référendum pour savoir si le Royaume-Uni veut rester ou non au sein de l’Union Européenne. Patatras ! Le résultat est non à 51,9%. Le Brexit est en route. Personne ne doit savoir ce que pense la reine. Elle se contente d’un laconique : "Je suis toujours là"...

L’année suivante, pour ses 96 ans, Philip annonce son retrait de la vie publique. Il n'apparaîtra plus que dans des occasions familiales et privées. L’anniversaire du duc d’Edimbourg est endeuillé par les attentats terroristes de Londres et de Manchester qui, en mars, mai et juin, font 35 morts et 116 blessés, sans oublier l’incendie de la tour Grenfell, le 14 juin, qui fait 71 victimes. Triste année… 

Le mariage de Harry et Meghan 

Après ses frasques retentissantes, Harry a changé. Il a poursuivi sa carrière militaire, s’est battu à deux reprises en Afghanistan, risquant sa vie. Il réalise qu’on ne le laissera plus s’exposer de cette façon. Alors, il va mettre en pratique une idée remarquable, les Invictus Games, autrement dit des jeux olympiques pour les nombreux soldats et officiers blessés, handicapés ou traumatisés au combat. Les premiers ont lieu à Londres en septembre 2014 et sont un grand succès. Enfin, on dit du bien de Harry ! 

Deux ans plus tard, il rencontre une actrice américaine, Meghan Markle, héroïne du feuilleton télévisé "Suits". Elle a 34 ans, trois ans de plus que le prince, elle est afro-américaine et divorcée. Il en tombe immédiatement amoureux. Ils apparaissent pour la première fois officiellement ensemble au Canada, aux Invictus Games de Toronto en septembre 2017. 

Leurs fiançailles sont annoncées en novembre la même année, et au Noël suivant, à Sandringham, Meghan est accueillie très chaleureusement par la reine et la famille royale. Elizabeth II a donné son accord sans hésiter. Pour elle, seuls comptent le bonheur et l’équilibre de son petit-fils si tourmenté.

Le mariage est fixé au 19 mai 2018. La date a été choisie pour permettre à la duchesse de Cambridge d’être présente : le 23 avril 2018, elle donne en effet naissance à son troisième  enfant, après George, et Charlotte née en 2015. Un petit prince, prénommé Louis, en souvenir de Lord Mountbatten, le parrain de Charles. Un record pour Kate : elle n’a passé que sept heures à la clinique ! L’accouchement a été "express".

Le mariage de Harry et Meghan dans la chapelle Saint George de Windsor est un superbe spectacle. Le domaine de Windsor, à son plus beau dans cette magnifique journée de printemps, la lumière rayonnante, les fleurs, les invités. Un seul petit couac : l’étonnant sermon du révérend Curry qui s’apparente à un show religieux. Personne n’a bronché. Mais cette allocution, suivie de gospels, a fortement américanisé la cérémonie. La volonté de Meghan, sans doute.

Le wedding breakfast de 600 couverts, organisé par la reine, a lieu dans le château. Le soir, le prince Charles offre un dîner à 200 personnes à la résidence de Frogmore, dans le parc de Windsor. Une belle journée malgré l’absence du père de Meghan et les révélations douteuses de sa demi-sœur. Très vite, elle est enceinte et accouche le 6 mai 2019 d’un petit Archie. Contrairement à tous les usages, le public reçoit très peu d’informations sur cette naissance, et encore moins de photos. On note une volonté d’extrême discrétion, voire de dissimulation, un peu étrange après la grande médiatisation du mariage... 

En septembre, le couple fait un voyage officiel avec le bébé en Afrique du Sud. Là, Harry et Meghan vont s’épancher : Harry contre les photographes qui les harcèlent (une obsession !), Meghan se plaignant qu’on ne s’occupe pas d’elle ni de ses souffrances, toutes choses non conformes au comportement habituel de la famille royale mais qui évoquent fâcheusement les plaintes de Diana. 

Cette attitude, la reine ne peut pas la supporter. Tout s’enchaîne alors très vite : le départ de Harry, Meghan, et Archie au Canada, leur absence à Sandringham à Noël, leur déclaration de vouloir renoncer à la vie publique et vivre de leurs propres ressources, tout cela sans même avoir prévenu Elizabeth II. Des négociations laborieuses ont lieu à Sandringham entre Harry, sa grand-mère, son père et son frère William. Leur installation au Canada puis à Los Angeles, les déclarations récentes très désagréables de Harry à propos du supposé racisme des Britanniques, constituent une fracture familiale qui choque l’opinion. Elle a certainement atteint la reine, mais comme à son habitude, elle n’a absolument rien laissé paraître.

Confinée à Windsor par la crise sanitaire, elle fait, le 8 mai 2020, une déclaration qu’elle seule, parmi tous les chefs d’Etat du monde, pouvait faire. Elle a vécu la Seconde Guerre mondiale, elle a connu la souffrance du peuple britannique. Son expérience lui permet de dire que la population du Royaume-Uni, courageuse, triomphera aussi de la crise du Covid. Elle est la reine, incarnation de l’union nationale. Elle est "toujours là". 

 

 

Ressources bibliographiques : 

Sarah Bradford, Elizabeth II (Penguin Books, nouvelle édition 2002)

William Shawcross, Queen Elizabeth the Queen Mother (Pan Books, 2009)

Sarah Bradford, George VI (Penguin Books, 1989)

Jean des Cars, Elizabeth II, la Reine (Perrin, 2018)

 

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"Au cœur de l’Histoire" est un podcast Europe 1 Studio

Auteur et présentation : Jean des Cars
Production, diffusion et édition : Timothée Magot
Réalisation : Jean-François Bussière
Graphisme : Karelle Villais

 

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