"Une journée de grève coûte environ 400 millions d’euros de chiffre d’affaires"

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François Asselin, le président de la Confédération des petites et moyennes entreprises a rappelé vendredi que la grève risquait de fragiliser des entreprises déjà secouées par la grogne des "gilets jaunes". © Europe 1
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Au micro de Nathalie Lévy, sur Europe 1, François Asselin, le président de la Confédération des petites et moyennes entreprises, s'est inquiété des conséquences des perturbations liées à la grève contre la réforme des retraites sur les petits commerçants, artisans ou entrepreneurs, au sortir d'une année déjà marquée par la mobilisation des "gilets jaunes".
INTERVIEW

Au lendemain d'une grève contre la réforme des retraites très suivie jeudi, avec 806.000 manifestants dans toute la France selon les chiffres du gouvernement, la journée de vendredi a été marquée par de nouvelles perturbations dans les transports en commun, qui devraient continuer à être touchés par la mobilisation au moins jusqu’au début de la semaine prochaine. De quoi laisser craindre un impact économique plus ou moins important à l'approche des fêtes, période traditionnellement consacrée aux achats de Noël et marquée par de nombreux départs en vacances.

"Une journée de grève coûte environ 400 millions d’euros de chiffres d’affaire pour le pays", a relevé vendredi soir, au micro de Nathalie Lévy sur Europe 1, François Asselin, le président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME). "Une journée de grève, [...] cela veut dire que des commerçants ont fait zéro chiffre d’affaires : si vous êtes sur le parcours d’une manifestation, vous fermez boutique. Et il y a tous ceux qui avaient des rendez-vous commerciaux et qui n’ont pas pu se déplacer", pointe le patron de la CPME. "L’impact est surtout sur la région parisienne et l’Île-de-France : environ 200 millions d‘euros." Ces chiffres, précise-t-il, se fondent sur des projections, "récemment réactualisées" par la CPME.

Des mesures pour soutenir des PME fragilisées par la grogne des "gilets jaunes"

Pour compenser le manque à gagner, François Asselin explique avoir convenu avec Agnès Pannier-Runacher, la secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie et des Finances, de la mise en place rapide de cellules de suivi économique au niveau des départements, de manière à accompagner les artisans, commerçants et entrepreneurs qui pourraient être impactés par les jours de grève. "Eviter de pouvoir payer l’Urssaf ou décaler une échéance des impôts peut leur sauver la mise", plaide cet entrepreneur. "Pour autant, cela ne remplacera pas les journées de chiffres d’affaires qui n’ont pas été faites."

"Certains de nos adhérents sont sortis rincés de la période des 'gilets jaunes', et je peux vous dire qu’ils sont extrêmement fragiles", alerte François Asselin.

Europe 1
Par Romain David