Pourquoi les prix alimentaires vont-ils augmenter à partir du 1er février ?

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© MYCHELE DANIAU / AFP
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Conséquence de la loi agriculture et alimentation, la hausse de plusieurs centimes d'un certain nombre de produits alimentaires doit permettre de mieux rémunérer les agriculteurs français.

Les consommateurs risquent d'avoir de mauvaises surprises aux caisses des supermarchés dans les jours qui viennent. Certains produits de grande consommation seront vendus plus chers à partir de vendredi 1er février, conséquence direct de la loi agriculture et alimentation, qui entend mettre fin à la guerre des prix afin de mieux rémunérer, en bout de chaîne, les agriculteurs.

Des produits de tous les jours impactés. Le Parisien s'est procuré une liste de 24 références fournies par un grand distributeur, dont on ne connait pas le nom, et dont les prix vont changer. Il s'agit de produits du quotidien, mis très régulièrement dans le charriot. Par exemple, le pot familial de Nutella augmente de 8,4% dans cette grande enseigne, des yaourts Danone enregistrent une hausse de 6%, le litre de Ricard augmente quant à lui de près de 10%. La hausse est également significative sur le Coca-Cola : +5% ou sur la boîte de petit pois-carottes Cassegrain qui est plus cher de 6,6%.

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La "bonne volonté" des distributeurs. La hausse moyenne atteint les 6,3%. En raison d'une marge désormais obligatoire de 10% dans l'alimentaire, un produit acheté 100 euros, par exemple, devra désormais être vendu au moins 110 euros. "Le gouvernement et les parlementaires font le pari que si l'on donne plus d'argent à la grande distribution, on va compter sur sa bonne volonté pour être moins sévère avec l'industrie agro-alimentaire, qui achètera plus cher les matières premières auprès des exploitants", explique à Europe 1 Alain Bazot, président de l'association de consommateurs UFC-que Choisir.

Un impact sur le pouvoir d'achat. Mais, ajoute-t-il, "il n'y a aucun levier dans la loi qui garantisse que ce mécanisme fonctionne". Ce sont les produits d'appel qui sont directement impactés. "C'est une vaste escroquerie, si l'on voulait provoquer les gens qui sont en difficulté de pouvoir d'achat, dans le contexte actuel, on ne s'y prendrait pas mieux", s'agace Alain Bazot.

Sur les marques emblématiques, la grande distribution a choisi de rogner particulièrement sur ses marges. Les hausses seront effectives vendredi avant un encadrement, d’ici un mois, des promotions. Les enseignes ont déjà prévu des compensations pour les consommateurs via une baisse des produits vendus sous leurs propres marques ou des avantages sur les cartes de fidélité.

Europe 1
Par Anne-Laure Jumet et Claudia Bertram, édité par Romain David