"On a fait 20% de chiffre d'affaires en plus" : ces entreprises qui profitent (déjà) du Ceta

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Si l'accord de libre-échange, sur lequel les députés doivent se prononcer mardi, suscite la crainte d'une partie des agriculteurs, de nombreuses PME prospèrent déjà grâce au Ceta, partiellement en vigueur depuis 2017.  
ENQUÊTE

C'est un texte qui divise la classe politique et inquiète les agriculteurs. Mardi, les députés doivent se prononcer sur la ratification du Ceta, un accord de libre échange entre l'Europe et le Canada. Si le texte, quelques semaines après l'accord sur le traité entre l'UE et le Mercosur, suscite de vives craintes chez les agriculteurs, d'autres filières, comme les petites et moyennes entreprises, profitent, elles, déjà des effets de cet accord, qui est entré partiellement en vigueur depuis 2017. 

Depuis 2017, ces PME, à l'instar de la fromagerie Delin, voient de nouveaux marchés s'ouvrir à elles. Pour cette vieille entreprise basée en Franche-Comté depuis 1969 et comptant 75 employés, le chiffre d'affaires a sensiblement augmenté depuis la disparition des droits de douanes avec le Canada. "On a eu une augmentation assez importante dès l'ouverture, on a fait 20% de chiffre d'affaires en plus sur les exportations au Canada", confirme le dirigeant de la fromagerie Philippe Delin, selon qui "ça n'était pas arrivé depuis des années". De bons résultats qui lui ont permis d'embaucher six personnes supplémentaires. "Et on essaie de plus valoriser le prix du lait à nos producteurs par rapport aux exportations qu'on fait", ajoute-t-il. 

Les filières du textile et du cosmétique ont particulièrement bénéficié du texte

Mais le secteur auquel le Ceta a le plus bénéficié ces derniers mois est celui du textile, dont les exportations vers le Canada ont connu un bond de 18 %, soit 180 millions d’euros. Autre gagnante, la filière cosmétique enregistre un bond de 16% de ses exportations, tandis que celles du secteur des machines agricoles bondissent de 13%.

Au vu de ces bons résultats, François Turcas, vice-président de la Confédération des petites et moyennes entreprises, salue un accord qui porte les PME françaises. Mais, met-il en garde, attention aux entreprises qui voudraient aller trop vite. Le Ceta, note-t-il, représente "une porte ouverte à toutes les entreprises d'un seul coup". Or, juge le dirigeant : "On n'est pas préparé pour ça. Il va falloir accuser le coup et être très réactif très vite pour pouvoir supporter tout ça, car on ne peut pas tout d'un coup absorber tous ces marchés". 

Aujourd'hui environ 10.000 entreprises françaises exportent leurs produits vers le Canada.