La dernière fois que le CAC 40 franchissait les 6.000 points, c'était avant la crise...

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La Bourse de Paris a franchi lundi le seuil des 6.000 points. Derrière ce record en douze ans se cache une profonde mutation du CAC 40, qui reflète les changements de l'économie française depuis 2007 : moins de groupes de la finance, plus d'entreprises du luxe et moins d'actionnaires individuels.
ON DÉCRYPTE

La Bourse de Paris est sur un nuage. Lundi, l'indice CAC 40 a franchi les 6.000 points, son plus haut niveau depuis 2007. Depuis janvier dernier, il a gagné 26%, et 2019 devrait être sa meilleure année en vingt ans. Le tout, dans un contexte mondial favorable : tous les grands marchés mondiaux sont au plus haut, à commencer par New York, porté lundi par la perspective d'un accord commercial entre les États-Unis et la Chine.

Sans vouloir jouer les oiseaux de mauvais augure, ce record n'est pas forcément une bonne nouvelle. Les deux seules autres fois où il a dépassé ce niveau, c'était juste avant l'éclatement de la bulle Internet en 2000 et juste avant la grande crise financière des subprimes de l'été 2007. Prudence, donc.

Depuis 2007 et la crise des subprimes, toutefois, le CAC 40 a radicalement changé. Dans sa composition, d'abord. Il y a 12 ans, la finance régnait en maître : Axa, BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole dominaient. Aujourd'hui, l'action Société Générale est à près de 80% en-dessous de son pic de l'époque, BNP Paribas à 54% en-dessous. La crise financière est passée par là.

Le luxe domine le CAC 40

À l'inverse, ce sont les valeurs du luxe qui dominent avec LVMH en tête, qui pèse plus de 200 milliards d'euros en Bourse. Mais aussi Kering, Hermès, L'Oréal. Toute une filière d’excellence française, portée notamment par l'essor de la Chine. 

Autre grand changement intervenu depuis 2007 : les particuliers se sont peu à peu détournés de la Bourse. La France comptait 7 millions d’actionnaires individuels à l’époque, ils sont 3 millions aujourd'hui. La privatisation de la Française des Jeux les fait un peu revenir. Mais le goût du risque n'est plus ce qu'il était.

Europe 1
Par Nicolas Barré