Le PDG de TechnipFMC devrait quitter le groupe, en difficulté, avec un bonus de 14 millions d'euros

, modifié à
  • A
  • A
Le président du groupe franco-américain TechnipFMC, Thierry Pilenko, quittera l'entreprise en mai avec des primes de 14 millions d'euros.
Le président du groupe franco-américain TechnipFMC, Thierry Pilenko, quittera l'entreprise en mai avec des primes de 14 millions d'euros. © JACQUES DEMARTHON / AFP
Partagez sur :
Thierry Pilenko, président du groupe parapétrolier TechnipFMC, devrait quitter son poste le 1er mai prochain avec des primes de 14 millions d'euros alors que le groupe enregistre de lourdes pertes.

Malgré les lourdes pertes du groupe parapétrolier, le président de TechnipFMC, Thierry Pilenko, devrait quitter son poste le 1er mai avec des primes de 14 millions d'euros, révèle BFM Business jeudi.

Le groupe franco-américain a perdu 1,9 milliards d'euros en 2018. La fusion entre Technip et FMC, dont Thierry Pilenko a été l'artisan, n'a pas apporté la valorisation escomptée deux ans après le rapprochement. Le cours de bourse du nouveau groupe a également perdu 50% de sa valeur, précise BFM Business. 

Des actions au titre de 2018 malgré une année noire

Pourtant, Thierry Pilenko bénéficiera des 458.503 actions gratuites qui lui ont été attribuées entre 2015 et 2017, pour un montant valorisé à près de 10 millions d'euros, selon le rapport annuel de TechnipFMC publié le week-end dernier. Ce document précise que le président ne touchera aucune action pour l'année 2018, particulièrement difficile pour le groupe. Mais l'année dernière, il avait bénéficié de deux programmes de 200.000 actions "dont le second était celui de 2018 versé avec un an d'avance", a indiqué une source à BFM Business.

Il recevra ces actions en quatre versements de septembre 2019 à décembre 2020, une exception à la règle qui conditionne le maintien de ces actions à la présence de la personne qui en bénéficie au sein de l'entreprise. Thierry Pilenko quittant l'entreprise sans avoir été démis de ses fonctions ni avoir commis de faute grave, cette règle est contournée.

Une clause de non-concurrence et un an de salaire supplémentaire

À ces actions gratuites s'ajoutent une clause de non-concurrence et un an de salaire (fixe et bonus) correspondant à deux millions d'euros. Enfin Thierry Pilenko touchera un an de salaire supplémentaire pour son engagement de renoncer à toute poursuite contre TechnipFMC, soit deux millions d’euros supplémentaires. Cet ensemble porte son parachute doré à 14 millions d'euros, sans compte son salaire fixe annuel de 900.000 et son variable de 1,95 million, détaille BFM Business. 

"Thierry Pilenko recevra une indemnité de départ d'un montant de 1,98 million d'euros, équivalent à une année de rémunération annuelle (fixe+bonus), et il est soumis à une clause de non concurrence, indemnisée à un montant équivalent et qui court jusque fin 2020, a affirmé à l'AFP un porte-parole du groupe. Soit un total de 3,96 millions d'euros". "Ce dispositif respecte les recommandations du code Afep-Medef. Pour le reste, il s'agit d'éléments de rémunérations attribuées à Thierry Pilenko depuis 2010 dans le cadre de ses fonctions de PDG de Technip puis de celles d'executive chairman de TechnipFMC", explique encore ce porte-parole. "Cela recouvre des actions de performance et des stock options validées en Assemblée générale par les actionnaires, et en aucun cas ne peut être juridiquement ou intellectuellement assimilées à une prime de départ".

Des bonus "inacceptables" pour Bruno Le Maire. Les comportements comme ceux de Thierry Pilenko sont "inacceptables" et "intolérables", a fustigé jeudi le ministre de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire. "Quand on laisse des pertes derrière soi, on ne part pas avec des primes. C'est inacceptable, c'est intolérable", a-t-il martelé lors d'un discours en clôture des Rencontres de l'entreprise.

"Quand j'apprends ce matin en allumant la radio que le patron de Technip va partir avec des bonus conséquents, alors qu'il laisse derrière lui des pertes, personne ne peut comprendre ce genre de comportement", a-t-il ajouté.