"Le ministre s'est fixé un objectif : pas de faillite", révèle Francis Palombi, président de la Confédération des commerçants de France

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Francis Palombi, président de la Confédération des commerçants de France, a détaillé lundi au micro d'Europe 1 les mesures envisagées par le gouvernement après les violences commises en marge des manifestations des "gilets jaunes".
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Le ministre de l'Économie et des Finances a reçu lundi après-midi à Bercy les représentants des commerces et artisans, après les nouvelles violences survenues samedi lors de l'"acte 18" des "gilets jaunes". À la sortie de cette réunion, Francis Palombi, président de la Confédération des commerçants de France (CDF, indépendants), a dévoilé chez Matthieu Belliard, sur Europe 1, les principales mesures annoncées par Bruno Le Maire.

Un "report" ou un "effacement" des charges. Selon lui, le ministre a annoncé des mesures précises, "notamment sur le plan de l'indemnisation". "Le ministre regrette que les commerçants - et notamment les plus faibles, les TPE -  n'utilisent pas suffisamment les indemnisations et les reports de charges sociales. Ceux-ci devaient se terminer fin mars, mais ça va se prolonger au minimum un mois", a indiqué Francis Palombi. Le président de la CDF rappelle qu'un certain nombre de confrères envisagent sérieusement de "faire faillite", car pénalisés financièrement par les 18 week-ends de manifestations. Il y aura un "effacement de charges dans les cas où c'est vital pour la survie du commerce", précise Francis Palombi.

Un accompagnement personnalisé par Bercy. Il rapporte par ailleurs que Bruno Le Maire a annoncé la mise en place de "groupes de fonctionnaires de Bercy, qui vont aller directement chez les commerçants leur expliquer comment on remplit un dossier". "La mesure du ministre est particulièrement importante. Il faut que les commerçants soient informés et aidés pour monter ces dossiers. Le ministre s'est fixé un objectif : pas de faillite", souligne Francis Palombi. Il insiste : "On ne voudrait pas qu'à la suite de ces 18 manifestations, certains commerçants arrêtent leur activité. Ce serait dramatique. Les TPE sont principalement installées dans les cœurs de villes. C'est très important pour le lien social et la vie de la cité."

Un formulaire "permet à tous les artisans, tous les commerçants qui seraient menacés de faillite en raison des événements liés aux manifestations de déclarer leur situation sur le site (du fisc, ndlr) et de voir leurs impôts directs, impôt sur les sociétés ou impôt sur le revenu, annulés", a rappelé Bruno Le Maire lors de la conférence de presse suivant la réunion avec les représentants de ces secteurs d'activité.

Des délais encore trop longs. Pour l'heure, Francis Palombi espère toujours une accélération du processus. "Si les annulations de charges sont faites immédiatement, et si les remboursements suite aux casses sont faits tout de suite, ça va être un vrai soutien aux commerçants qui sont touchés. Car certains ont déclaré des dossiers en décembre, et n'ont toujours pas vu l'ombre d'un euro versé", dénonce-t-il.

Selon la Chambre de commerce et d'industrie de Paris et d'Ile-de-France, 91 commerces ont été touchés à Paris en marge de l'acte 18 des "gilets jaunes", notamment sur les Champs-Élysées "où la très grande majorité des commerces" ont été atteints. Parmi eux, 80% ont été assez lourdement touchés (casse, vols, incendies…).