Lorsque l'on parle de voiture électrique, il est souvent question de batterie, d'autonomie, de recharge, mais il y a un élément primordial que l'on évoque un peu moins bien : le pneu . On sait que le pneu du futur sera durable, connecté, intelligent, mais il devra également s'adapter à l'électrique. Le groupe Michelin fait partie des grands équipementiers automobiles qui y travaillent. Mais en quoi un pneu conçu pour une voiture électrique est-il différent de celui fabriqué pour les voitures thermiques ?
Verdir les pneus : un défi à relever
Tout d'abord, il y a une différence majeure : le poids d'une voiture électrique. Avec les batteries, la voiture électrique pèse 10 à 20% de plus. Il a donc fallu imaginer de nouveaux matériaux plus résistants pour supporter la charge tout en permettant de gagner en autonomie, précise Éric Vinesse, directeur recherche et développement du groupe Michelin . "Notre dernière génération de pneumatiques permet de progresser sur l'autonomie d'un véhicule de 7 à 10 ou 15%", avance-t-il. "Donc, on est sur des progrès qui sont significatifs puisque si vous avez une batterie qui vous permet de faire 400 km/h, vous ferez 30 ou 40 km de plus grâce au pneumatique."
Des matériaux plus durables
Autre paramètre à prendre en compte le bruit. "On a développé des technologies très particulières qui sont une mousse qui se met à l'intérieur du pneu et qui permet de réduire le niveau de bruit à l'intérieur du véhicule. C'est encore plus présent, bien sûr, dans les véhicules électriques dans lesquels il n'y a pas d'autres bruits", explique Cyrille Roget, directeur de la communication scientifique de Michelin.
Tous ces nouveaux matériaux sont également plus durables. L'objectif affiché par Michelin est de passer de 28% aujourd'hui à 40% de matériaux recyclables et biosourcés en 2030.