Ford Blanquefort : la CGT entend saisir la justice pour faire invalider le plan social

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Le site industriel de Blanquefort emploie 850 salariés.
Le site industriel de Blanquefort emploie 850 salariés. © GEORGES GOBET / AFP
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Alors que le plan social de Ford pour son site de Blanquefort a été officiellement validé, la CGT estime que le gouvernement " a baissé les bras" dans ce dossier.

La CGT de Ford Blanquefort, l'usine girondine dont le plan de sauvegarde de l'emploi a été officiellement validé lundi, scellant la fermeture prochaine du site, a annoncé qu'elle allait saisir la justice pour faire invalider ce PSE. "Le PSE n'a aucun fondement, aucune justification économique. Tout le monde le sait, tout le monde l'a dit durant cette dernière année", a indiqué la CGT-Ford dans un communiqué. "Ce que le gouvernement n'a pas pu faire ou pas su faire ou pas voulu faire, nous allons le tenter. Nous allons attaquer en justice pour faire invalider ce PSE".

Un "changement de ton". Le syndicat qui a été, parfois aux côtés du gouvernement, à la pointe du combat contre la fermeture du site depuis le retrait annoncé par Ford en février 2018, a regretté le "changement de ton" du gouvernement par rapport à l'époque, "il n'y pas longtemps", où "tout le monde était en colère contre Ford et promettait la bataille". "Le gouvernement a baissé les bras, il n'a pas été capable de se confronter à la multinationale", estime le syndicat dont Philippe Poutou est délégué.

Jusqu'à 500 licenciements. Le Plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), qui scelle la fermeture de l'usine Ford de Blanquefort, site industriel emblématique de Gironde aux 850 salariés, a été officiellement ouvert à partir de mardi, après homologation par la Direction du Travail (Direccte) à la date-butoir de lundi minuit. Le PSE, selon des sources syndicales, prévoit entre 300 et 400 départs en pré-retraite, 400 à 500 licenciements, et quelques dizaines de reclassement immédiat dans une usine proche. Ford a salué un plan social "très complet".

La CGT a expliqué que sa bataille devant la justice administrative contre le PSE se mènera en parallèle "de celle consistant à remettre de l'activité sur l'usine et à préserver le plus d'emplois possible". La CGT se dit "convaincue que la réindustrialisation du site est liée à une politique offensive de l'Etat qui doit prendre le contrôle de l'usine et du parc machines", une stratégie que le syndicat défend depuis des semaines.