Coronavirus : "On n'a pas les fonds pour tenir deux mois", s'alarme un chef d'entreprise

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Calculette 6:54
Pour Emmanuel Grandière, le chiffre d'affaires de son entreprise a plongé de 95%. © Pixabay/estableman
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Un chiffre d'affaires qui chute, ses employés en chômage partiel... Pour Emmanuel Grandière, dirigeant de l'entreprise de transport GEFM, les conséquences du coronavirus pèsent lourdement sur son activité et il espère que le président ira plus loin pour aider les chefs d'entreprises.

L'inquiétude est à son comble chez les chefs d'entreprises. Pour certains, ce sont tous leurs employés qu'ils ont dû placer en chômage partiel faute de travail à leur donner. C'est le cas d'Emmanuel Grandière​, dirigeant de GEFM, une entreprise de transport comptant 17 salariés. L'activité a chuté entre 2 et 5%. En cause : le coronavirus, qui pousse ses clients à rester chez eux. Il a témoigné de ses difficultés, vendredi matin sur Europe 1.

En effet, GEFM, basé à La Croix Saint Ouen, dans l'Oise, département très touché par l'épidémie, transporte des passagers à l’aéroport Charles de Gaulle, Orly et Beauvais (40% de son activité) et effectue du transport scolaire pour les enfants handicapés. Mais dans l'Oise, les écoles n'ont pas rouvert lundi dernier et Emmanuel Macron a annoncé, jeudi soir, la fermeture de tous les établissements scolaires "jusqu'à nouvel ordre". 

"Le président de la République a pris les décisions qui s'imposait" mais...

En conséquence, le chiffre d'affaires de GEFM a plongé de 95%. "Surtout que là, on était en période forte. On sortait des vacances scolaires le premier mars", déplore Emmanuel Grandière. Lundi, il a été contraint de mettre tous ses chauffeurs au chômage partiel. "On n'avait pas le choix", soupire-t-il. "Il faudra qu'on déclare chaque semaine les heures qui n'ont pas été effectuées". 

"Pour l'instant, on a les fonds pour tenir un mois, mais on aura pas les fonds pour en tenir deux", se désole-t-il. Face à ce constat auquel sont confrontés bon nombre d'employeurs, Emmanuel Macron a promis qu'il leur serait possible de reporter les impôts et les cotisations pour le mois de mars, et ce, sans avoir à fournir le moindre justificatif. Une décision qui rassure un peu Emmanuel Grandière : "Je pense que le président de la République a pris les décisions qui s'imposait", commente-t-il, y voyant l'opportunité pour les entreprises de souffler. Mais le patron espère que le chef de l'Etat ira plus loin.

"On va retrouver des gens au chômage, et en difficulté"

"On est face à un problème qui est le coronavirus. Ce problème, aujourd'hui, concerne tout le monde, chefs d’entreprise ou salariés. S'ils ne nous donnent pas un coup de pouce, on ne pourra pas redémarrer et si on ne redémarre pas, on va retrouver des gens au chômage et en difficulté", déplore celui qui sent l'inquiétude monter chez ses employés. "Ça les inquiètent, moi ça m'inquiète. Lundi, quand j'ai réuni tout le monde pour déclarer le chômage partiel, on en a parlé tous ensemble et on s'est dit qu'on espérait que ça ne dure pas pendant des mois", raconte-t-il. 

Et parmi les gestes attendus du président, Emmanuel Grandière espère que l'Etat compensera bientôt en intégralité les salaires des employés au chômage. Pour l'instant, cette compensation se faire à hauteur de 8,04 euros, souligne le PDG qui voudrait voir cette question éclaircie. "J'aimerais bien qu'il clarifie un peu la situation à ce niveau-là parce que nous de toute façon ce sont des chauffeurs donc on ne peut pas les faire travailler en télétravail", analyse-t-il, avant d'ajouter : "Nous, chefs d'entreprises, on ne demande que ça de faire travailler les gens".

Europe 1
Par Coline Vazquez