EDITO - "D'accord pour réduire notre empreinte carbone, mais pas en pénalisant notre propre industrie"

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© AFP
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L'Europe veut être le premier continent neutre en carbone d'ici à 30 ans. La nouvelle patronne de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s'apprête à annoncer un "green deal", dont l'un des leviers efficaces serait de soumettre les industriels les plus polluants à des quotas d'émission de CO2. Mais attention à ne pas les faire partir, prévient notre éditorialiste Nicolas Barré.
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>> La nouvelle tête de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, souhaite revoir à la hausse les ambitions européennes en matière de climat. Une possibilité pourrait être d'instaurer une "taxe carbone" aux frontière de l'UE, qui obligerait toutes les industries qui opèrent sur son territoire ou qui exportent vers l'Union à minimiser leurs émissions de CO2. Une idée intéressante, explique notre éditorialiste Nicolas Barré, tant que cela ne les pousse pas vers la sortie. 

Alors que la COP 25 vient de s'ouvrir à Madrid, la nouvelle Commission européenne, présidée par Ursula von der Leyen, se veut ambitieuse. Elle s'apprête à annoncer un "green deal" pour atteindre la neutralité carbone en 2050. L'un des leviers efficaces pour cela consiste à soumettre les industriels les plus polluants à des quotas d'émission de CO2. À l'heure où je vous parle, 12.000 sites industriels sur le sol européen sont soumis à des quotas : concrètement, ça veut dire que pour produire du ciment, du verre, ou encore de l’électricité, ils doivent acheter des quotas d'émission qui coûtent actuellement autour de 25 euros la tonne.

Déménager hors d'Europe

L'idée de Bruxelles, c'est d'étendre la liste des industries soumises à ces quotas : le transport maritime, les compagnies aériennes, etc. Avec toutefois le risque de pénaliser ces industriels européens. Car si vous obligez une usine de verre à acheter des quotas d’émission, le risque est qu'elle finisse par déménager hors d'Europe. Et on n'aura rien gagné. D'où l'idée d'instaurer une taxe carbone aux frontières de l'Europe, et donc de taxer les importations : par exemple, le verre ou l'acier qui vient de Chine.

L'autre solution, qui revient un peu au même, c’est d’obliger les industriels non européens à acheter eux aussi des quotas d’émission s’ils veulent vendre leurs produits en Europe. Quelle que soit la solution, l’Europe, c’est la bonne nouvelle, est décidée à montrer ses muscles face aux Etats-Unis et à la Chine. D'accord pour réduire notre empreinte carbone, mais pas si cela doit se faire en pénalisant notre propre industrie.

Europe 1
Par Nicolas Barré