Coronavirus : les commerçants déçus et inquiets après les annonces de Jean Castex

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Coronavirus masque Covid-19 fermeture commerce 1:41
De nombreux commerçants espèrent pouvoir rouvrir le plus tôt possible. © ALAIN JOCARD / AFP
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Pour de nombreux commerçants qui espéraient une réouverture rapide de leur boutique, les annonces de Jean Castex, qui a confirmé que les règles du confinement ne changeraient pas d'ici au moins le 1er décembre, sont un coup dur de plus. "On ne tiendra pas jusqu'en janvier", s'inquiète par exemple Olivier, restaurateur. 
REPORTAGE

Leurs espoirs ont rapidement été déçus. Fermés depuis le début du reconfinement, les gérants de commerces "non essentiels" espéraient un assouplissement des mesures prises pour freiner l'épidémie de coronavirus. Mais jeudi, lors d'une conférence de presse, le Premier ministre Jean Castex a annoncé le maintien des règles actuelles au moins jusqu'au 1er décembre. De quoi décourager des professionnels qui craignent de devoir mettre la clé sous la porte. 

"Le 'Black friday' sera réservé aux géants du net. C'est un peu la douche froide, on le savait, mais ça y est, c'est fait", regrette Benoît, qui a cru jusqu'au bout à la réouverture de sa boutique de bougie, qui réalise deux tiers de son chiffre d'affaires en fin d'année. Même les 50% de crédit d'impôt pour les bailleurs qui renoncent au loyer de novembre ne lui paraissent pas à la hauteur. "J'ai eu deux lettres de refus de mes bailleurs. Je pense que ça ne va pas changer grand chose. Nos bailleurs savent très bien qu'on doit payer nos loyers tôt ou tard. Un crédit d'impôt de 100% serait une véritable aide et nous permettrait de ne pas avoir à payer de loyer du tout."

"On n'arrête pas de payer plein de petites factures"

De son côté, Céline, patronne de "Mod In", une boutique de prêt à porter, ne se voit pas continuer à travailler encore 15 jours sur internet. "Ils sont tous là avec leur 'click and collect'. Mais nous, on a lancé notre site internet pendant le confinement, et on travaille dix fois plus pour gagner cent fois moins", s'agace-t-elle au micro d'Europe 1. "On est à une, deux, trois commandes par jour grand maximum."

Olivier, lui, est restaurateur. Il rappelle que les loyers ne sont pas les seules charges auxquelles les commerçants doivent faire face. "On paye également les abonnements EDF, GDF, Orange", énumère-t-il. "On n'arrête pas de payer pleins de petites factures, et finalement on est fermé, donc on n'a plus de trésorerie." Et de conclure : "On ne tiendra pas jusqu'en janvier, ça c'est certain." Comme de nombreux commerçants, il voudrait de véritables indemnisation du préjudice, et pas seulement des aides qu'il ne voit jamais venir. 

Europe 1
Par Benjamin Peter, édité par Antoine Terrel