Comment le plan de relance veut redonner vie aux centres des villes moyennes

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© Drew Angerer / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
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La Caisse des dépôts et consignation, qui financera une bonne partie du plan de relance, aura pour mission de redynamiser les centres-villes des communes de taille moyenne. Notamment en rachetant des commerces désertés pour les rénover et les louer à des prix très attractifs.  

Redynamiser les centres-villes des villes moyennes en France, c’est l’une des ambitions du plan de relance, et ça va être l’une des grandes missions de la Caisse des dépôts et consignations. Souvent présentée comme le bras financier de l'Etat, l’instance va financer un petit tiers des 100 milliards d'euros de ce plan de relance. Et parmi les actions très concrètes prévues se trouve le rachat des commerces désertés. Objectif : les rénover et les louer pour des loyers modérés. Et il y a de quoi faire.

Des bâtiments achetés, rénovés et loués à des tarifs préférentiels

"Magasins à vendre", "pas de porte à céder"... Que ce soit à Cholet, Dreux ou encore Moulins, ces panneaux fleurissent en effet depuis des années dans les centres de beaucoup de villes moyennes. Les responsables : les zones commerciales hors des villes qui ont vidé les centres d'une part, et la faillite de nombreuses enseignes indépendantes de l'autre.

Alors pour redonner un peu de vie à ces centres-villes délaissés, la Caisse des dépôts va acheter ces magasins vides. Quelque 6.000 achats sont prévus dans le plan de relance, mais le ministère de l’Economie aimerait monter à 10.000. La Caisse des dépôts va rénover ces locaux et les remettre au goût du jour. Et quand deux magasins sont fermés côte à côte, il sera aussi possible d'en faire un seul plus grand et plus agréable. Ces espaces seront ensuite loués à des tarifs très préférentiels.

A Dreux, un cercle vertueux

Le dispositif est déjà en place à Dreux. Avant, le centre-ville de cette commune d’Eure-et-Loir, c’était des rideaux baissés et des rues désertes dès 19 heures. Désormais, le lieu bourgeonne de nouvelles enseignes. "Ça a été une opportunité de pouvoir acheter un lieu comme ça. On n’aurait pas pu le faire, sinon", témoigne Alicia, qui a pu investir un bâtiment à prix cassé, regroupant restaurant, salon de coiffure et boutique déco. "Dreux est une bonne ville. Quand on fait des choses qui sont sympas, les gens sont présents. On a de plus en plus de Parisiens qui viennent chez nous. Ça veut dire que Dreux est en train d’évoluer et qu’on arrive à proposer des belles choses."

L’investissement de la mairie en la matière n’est pas négligeable : 800.000 euros cette année, deux millions l’an prochain. Indispensable pour lancer un cercle vertueux. "On a des commerçants, on redéfinit de l’espace public. Les gens, du coup, trouvent le centre-ville joli et se réinstallent en centre-ville", explique le maire de Dreux, Pierre-Frédéric Billet.

A Dreux comme ailleurs, l’espoir, c'est donc de faire venir une nouvelle génération de commerçants. Le gouvernement mise ensuite sur l'effet d'entrainement pour redonner vie ensuite à ces centres-villes.

A quoi vont servir les 26 milliards d'euros de la Caisse des dépôts ?

Le plan de relance de l’économie française a été présenté début septembre par Jean Castex. Une partie, 26 milliards exactement, sera financée par la Caisse des dépôts et consignations. Commerces, transition écologique et sociale...Eric Lombard, ​son directeur général, a précisé mercredi l'utilisation qui en sera faite au micro d'Europe 1.

Europe 1
Par Emmanuel Duteil et Johana Chabas, édité par Rémi Duchemin