"Cagnotte fiscale" : Le Maire refuse de "refaire les erreurs du passé"

, modifié à
  • A
  • A
Le ministre entend combler les déficits avec la "cagnotte fiscale". © Patrick KOVARIK / AFP
Partagez sur :

Bruno Le Maire a martelé vendredi que la "cagnotte fiscale" ne sera pas redistribuée, mais servira bien à combler les déficits publics.

Il ne faut "pas refaire les erreurs du passé" en redistribuant l'argent public dès que la situation s'améliore, a estimé vendredi le ministre de l'Économie et des Finances Bruno Le Maire, à propos de la "cagnotte fiscale", appelant à maintenir le "cap" de la réduction des déficits. "Ne refaisons pas les erreurs du passé où dès que les choses allaient mieux immédiatement, on se mettait à redistribuer l'argent public, c'est-à-dire l'argent des contribuables", a déclaré Bruno Le Maire à des journalistes.

Redistribuer "la bonne fortune" ? Il réagissait à la proposition du rapporteur général (LREM) du budget à l'Assemblée nationale, Joël Giraud, qui dans le journal Les Echos a suggéré de redistribuer une partie de la "bonne fortune" budgétaire de la France aux Ehpad (maisons de retraite médicalisées) et aux territoires en proie à la désindustrialisation, voire aux personnes bénéficiant de minima sociaux. Le Premier ministre Edouard Philippe avait déjà averti en janvier qu'il n'y avait "pas de cagnotte fiscale" car les éventuelles recettes fiscales supplémentaires issues de la reprise économique serviraient d'abord à désendetter la France. La France a enregistré en 2017 une croissance de 2%, supérieure aux prévisions du gouvernement dans sa dernière loi de finances qui tablait sur 1,7%, ce qui a engendré un surplus de recettes fiscales pour les caisses de l'État.

Réduire d'abord les déficits publics. "La meilleure façon pour répondre aux attentes des Français, c'est de rétablir les comptes de la Nation, c'est de réduire le déficit, c'est de réduire la dette publique", a-t-il poursuivi. "Des résultats commencent à venir de ce côté puisque nous serons sous les 3% en 2017", a observé le locataire de Bercy, qui a dit avoir "l'obsession de réduire la dette qui aujourd'hui appauvrit les Français". Bruno Le Maire a insisté sur la nécessité "de continuer avec détermination, avec constance, à réduire les déficits publics, à réduire la dette, à respecter les engagements européens", soulignant que la "parole française" avait "retrouvé depuis quelques mois toute sa crédibilité en Europe".