Asselin CPME 2:40
  • Copié
, modifié à
Invité de la matinale d'Europe 1, jeudi, François Asselin s'est exprimé sur les nouvelles restrictions annoncées pour freiner la résurgence de l'épidémie de coronavirus. Le président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) alerte sur le mal-être des petits patrons, frappés par une grave crise.
INTERVIEW

Les commerçants du secteur de l'hôtellerie-restauration ont reçu mercredi soir un nouveau "coup de massue" : le ministre de la Santé, Olivier Véran, a annoncé de nouvelles restrictions pour lutter contre le coronavirus, avec la fermeture au maximum à 22 heures des bars et restaurants des zones d'alertes renforcées et la fermeture totale de ces commerces dans les métropoles d'Aix-Marseille et en Guadeloupe. Pour François Asselin, président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) et invité d'Europe 1, il faut "annuler les charges" des commerçants touchés par ce marasme économique qui se poursuit.

"Ils ne pourront pas rembourser"

Le patron de la CPME demande au ministre de l'Économie Bruno Le Maire, avec qui une réunion est organisée à distance, jeudi, d'annuler les charges des "métiers concernés", à savoir "les hôteliers, les restaurateurs, les bars, les filières en amont avec les fournisseurs". "Ils ne pourront pas rembourser ou ce sera direction le tribunal de commerce. Là-bas, ils ne paieront pas, de toute façon", alerte le dirigeant patronal. "On ne peut pas s'en sortir autrement."

François Asselin alerte également sur la nécessité de faire évoluer le modèle de dettes contractées par les entrepreneurs. "Lorsqu'un entrepreneur dépose le bilan, s'il a un statut d'indépendant et de travailleur non-salarié, leurs dettes sociales sont des dettes personnelles. Vous avez d'abord un drame économique et quelques mois plus tard, la patrouille vient vous voir pour que vous remboursiez vos dettes sociales. C'est catastrophique", déplore le dirigeant, qui demande à ce que "les dettes sociales des indépendants soient considérées comme des dettes de la personne morale et non pas de la personne physique".

Un café sur cinq fermé ?

Quoi qu'il arrive, cela n'empêchera pas une grande casse sociale à venir, selon le dirigeant de la CPME : "À partir du 7 octobre prochain, vous allez retrouver le fonctionnement classique des tribunaux de commerce. Vous devrez déclarer vos cessations de paiements et le tribunal de commerce vous demandera de prendre des décisions, donc de déposer le bilan. Vous allez voir la sinistralité des entreprises augmenter en flèche."

"Évidemment, les mesures annoncées hier soir (mercredi soir, ndlr) ne vont pas aider à cette situation", regrette François Asselin, qui reconnaît dans le même temps la nécessité de restrictions sanitaires importantes pour faire face à la résurgence de l'épidémie. "On estime que dans certains secteurs, comme l'hôtellerie, les cafés et les restaurants, il peut y avoir une sinistralité de l'ordre de 20%. C'est colossal. Avec les nouvelles mesures, je ne sais pas vers où on va."