La baisse des taux d’intérêt est une bonne nouvelle pour les particuliers souhaitant acquérir un bien. C’est une moins bonne nouvelle pour l’assurance vie, le placement préféré des Français , dont l’existence même est menacée. Ce qui est franchement préoccupant, c’est que les assureurs-vie qui commercialisent ces contrats sont pris à la gorge : l’argent que leur confient les épargnants est largement placé en obligations d’Etat qui, aujourd’hui, ne rapportent plus rien.
Or, si des millions de particuliers souscrivent une assurance-vie, c’est pour que leur épargne leur rapporte. D’où les difficultés de plus en plus vives des assureurs-vie dont le matelas financier se réduit comme peau de chagrin. L’agence Moody‘s, dont le métier est de mesurer la solidité financière des sociétés, sonne l’alarme : tout le secteur de l’assurance-vie en Europe est désormais fragilisé.
Les épargnants devront s’habituer à souscrire des contrats un peu plus risqués
L’inquiétude pourrait même gagner les épargnants. Ceux qui jouent à se faire peur rappellent que dans les années 1990 au Japon, le premier pays à avoir expérimenté les taux d’intérêt à zéro et les inconvénients qui vont avec, plusieurs compagnies d’assurance-vie avaient fait faillite, justement. On en reste tout de même très loin en Europe.
Ce qui va se passer, c’est plutôt que les épargnants devront s’habituer à souscrire des contrats un peu plus risqués, où une partie de l’épargne est placée en actions - ça rapporte plus quand tout va bien - plutôt qu’en obligations dont les taux d’intérêt sont à zéro. Car l’époque où l’assurance-vie offrait des rendements élevés et 100% garantis va bientôt appartenir au passé.