Pourquoi l'assurance vie, placement préféré des Français, est en danger

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© VINCENZO PINTO / AFP
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En raison de la forte baisse des taux d’intérêt, l’existence du placement préféré des Français est menacée, du moins sous sa forme actuelle. Les professionnels du secteur, en grande difficulté, songent à introduire une part de risque dans les contrats.
ON DÉCRYPTE

La baisse des taux d’intérêt est une bonne nouvelle pour les particuliers souhaitant acquérir un bien. C’est une moins bonne nouvelle pour l’assurance vie, le placement préféré des Français, dont l’existence même est menacée. Ce qui est franchement préoccupant, c’est que les assureurs-vie qui commercialisent ces contrats sont pris à la gorge : l’argent que leur confient les épargnants est largement placé en obligations d’Etat qui, aujourd’hui, ne rapportent plus rien.

Or, si des millions de particuliers souscrivent une assurance-vie, c’est pour que leur épargne leur rapporte. D’où les difficultés de plus en plus vives des assureurs-vie dont le matelas financier se réduit comme peau de chagrin. L’agence Moody‘s, dont le métier est de mesurer la solidité financière des sociétés, sonne l’alarme : tout le secteur de l’assurance-vie en Europe est désormais fragilisé.

Les épargnants devront s’habituer à souscrire des contrats un peu plus risqués

L’inquiétude pourrait même gagner les épargnants. Ceux qui jouent à se faire peur rappellent que dans les années 1990 au Japon, le premier pays à avoir expérimenté les taux d’intérêt à zéro et les inconvénients qui vont avec, plusieurs compagnies d’assurance-vie avaient fait faillite, justement. On en reste tout de même très loin en Europe.

Ce qui va se passer, c’est plutôt que les épargnants devront s’habituer à souscrire des contrats un peu plus risqués, où une partie de l’épargne est placée en actions - ça rapporte plus quand tout va bien - plutôt qu’en obligations dont les taux d’intérêt sont à zéro. Car l’époque où l’assurance-vie offrait des rendements élevés et 100% garantis va bientôt appartenir au passé.

Europe 1
Par Nicolas Barré