Aéroport de Toulouse : Eiffage parti pour devenir l'actionnaire majoritaire

  • A
  • A
Eiffage prévient toutefois que l'opération pourrait capoter face aux incertitudes juridiques autour de l'aéroport.
Eiffage prévient toutefois que l'opération pourrait capoter face aux incertitudes juridiques autour de l'aéroport. © REMY GABALDA / AFP
Partagez sur :
L'actionnaire majoritaire de l'aéroport de Toulouse, le chinois Casil, a annoncé l'an dernier son désengagement après la décision de l'Etat de conserver sa part minoritaire sur laquelle Casil détenait une option. 

Le groupe français de BTP Eiffage doit racheter la part majoritaire de l'aéroport de Toulouse-Blagnac au chinois Casil, qui en possède quasiment la moitié depuis sa privatisation en 2015, ont annoncé les deux parties mardi. L'opération reste cependant exposée aux incertitudes juridiques sur le statut du site. "Eiffage annonce entrer en négociations exclusives pour l'acquisition de l'intégralité de la participation détenue par Casil Europe au capital de la société Aéroport Toulouse-Blagnac (ATB)", selon un communiqué du numéro trois français du BTP, derrière Bouygues et Vinci.

Depuis la privatisation de l'aéroport en 2015, Casil en détient 49,9% mais le groupe a annoncé l'an dernier qu'il comptait s'en désengager, après la décision de l'Etat de conserver une part minoritaire sur laquelle le chinois détenait une option. La décision de Casil a relancé des polémiques politiques autour du choix de privatiser l'aéroport, d'autant que l'actuel gouvernement a engagé ces derniers mois le processus de privatisation d'Aéroports de Paris (ADP), exploitant de Roissy et Orly. 

Incertitudes juridiques 

En ce qui concerne Toulouse, les responsables des collectivités locales ont longtemps accusé Casil de chercher uniquement à maximiser ses dividendes au détriment des réserves financières de l'aéroport. De son côté, Casil a régulièrement mis en avant ses travaux de développement du site, troisième aéroport régional français avec près de 10 millions de passagers annuels. 

"Cette opération s'inscrit dans la stratégie d'Eiffage visant à diversifier son portefeuille de concessions, déjà fort de nombreuses participations dans des infrastructures de transport en Europe, ainsi qu'à en allonger la durée", explique le groupe français. Eiffage prévient toutefois que l'opération pourrait capoter face aux incertitudes juridiques autour de l'aéroport. La justice administrative a, en effet, décidé le mois dernier d'annuler la procédure de privatisation, décision pour laquelle l'Etat a décidé de se pourvoir en cassation. "L'issue conditionne la réalisation d'une éventuelle acquisition par Eiffage", souligne le groupe.