Suicide à La Poste : "lien fort" avec le travail

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Le suicide d'un cadre de La Poste en février avait "bien un lien fort" avec le travail, indique l'inspection du travail dans un courrier adressé au Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT).

Dans ce document, révélé initialement par le site Bakchich et daté du 30 septembre, l'inspecteur du travail explique avoir enquêté au siège en mai sur les circonstances du suicide du cadre qui travaillait à la direction de la communication. Ce dernier s'était suicidé après un arrêt maladie lié à un "burn-out".

L'inspecteur explique qu'en octobre 2012, le cadre s'était vu confier l'intérim de la direction des médias internes, ce qui a été "une période éprouvante et très anxiogène pour lui". Il évoque aussi notamment une charge de travail qui "s'est beaucoup accrue" et une ambiance dans le service "fortement dégradée".

"Au regard de ces éléments et sans préjuger des conclusions de l'enquête de police dont le travail n'est pas terminé, il apparaît qu'il y a bien un lien fort entre le geste fatal (du cadre) et son travail, ce qui devrait conduire à reconnaître son décès en accident du travail", indique l'inspecteur, appelant La Poste à faire connaître sa position.

Sollicitée, l'entreprise a indiqué que "concernant la reconnaissance en accident du travail, la décision revient à la CPAM", la Caisse primaire d'assurance maladie. Elle ajoute que "concernant l'analyse de la situation professionnelle, La Poste a adressé une réponse complète à l'inspection du travail, lui précisant qu'elle ne partageait pas la totalité de son analyse et lui en a expliqué les raisons". 

Au-delà du cas du cadre, l'inspecteur invite l'entreprise a prendre des mesures pour améliorer la prévention des risques psychosociaux au siège. En septembre, un rapport réalisé par le cabinet d'expert Cateis, mandaté par le CHSCT après le drame, avait déjà conclu que la prévention des risques psychosociaux n'était pas suffisante au siège.