Paris et Berlin en désaccord sur la Grèce

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avec AFP
Berlin rechigne à débloquer de nouvelles aides, Paris y est favorable pour éviter une crise.

Nouvel acte dans la crise de la dette qui secoue l'Europe depuis des mois. Le président français François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel, qui doivent se rencontrer jeudi à Berlin, sont en désaccord sur les aides financières à apporter à la Grèce. L'Allemagne refuserait un éventuel nouveau plan d'aide, selon le journal allemand Welt am Sonntag, alors que la France veut avant tout éviter une sortie grecque de la zone euro.

C'est face au rejet populaire de l'austérité en Grèce et à l'enfoncement du pays dans la dépression que la nouvelle équipe au pouvoir s'était dès son entrée en fonction en juin fixé comme objectif d'obtenir plus de temps pour assainir les finances.

L'impatience allemande se fait entendre

Comme annoncé par plusieurs cadres de la majorité conservatrice allemande, le gouvernement allemand refuserait un troisième plan d'aides pour Athènes ou d'accorder un sursis à la Grèce pour qu'elle assainisse ses finances, ont affirmé des sources européennes au journal allemand.

Le raisonnement allemand est le suivant : donner plus de temps à la Grèce, c'est renforcer la probabilité que ce pays s'enfonce un peu plus dans  la crise et qu'il demande par la suite encore plus d'argent à ses partenaires européens.

Le porte-parole de la chancelière Angela Merkel avait indiqué mercredi que celle-ci s'en tenait à l'accord en vigueur sur les obligations de la Grèce, lui donnant jusqu'à 2014 pour assainir ses finances et mettre en oeuvre les réformes structurelles promises en contrepartie de son sauvetage financier. Cette position est également défendue par plusieurs pays européens, tels que la Finlande, l'Estonie et la Slovaquie, selon la même source.

La France veut surtout éviter un choc systémique

A l'inverse François Hollande et certains pays du sud de l'Europe seraient prêts à accorder de nouvelles aides à la Grèce afin d'éviter qu'elle ne doive sortir de la zone euro. Le coût à payer d'un tel scénario serait bien plus lourd qu'une nouvelle rallonge budgétaire accordée à la Grèce.

Selon le Financial Times de mercredi, la Grèce va demander un rééchelonnement de son plan d'austérité afin d'obtenir deux ans de plus, soit jusqu'en 2016, pour le mener à bien. Le Premier ministre Antonis Samaras doit rencontrer Mme Merkel le 24 août à Berlin, et le président français François Hollande le 25 à Paris.