Auto : l'assurance plus chère alors que...

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Thomas Morel et Martial You , modifié à
Les primes vont encore augmenter cette année alors qu'il y a eu moins d'accidents. Explications.

Comment expliquer la hausse des assurances "auto" ? Cette année encore, les primes ont augmenté au 1er janvier, de 1 à 4 % selon les assureurs. Une tendance difficile à expliquer, alors que la sécurité routière ne cesse de faire des progrès.

L'argument des assureurs. D'après les assureurs, la hausse des primes est due à plusieurs éléments. Il y a le coût des réparations qui, sur des voitures reposant de plus en plus sur l'électronique, s'est envolé depuis quelques années. Il y a aussi l'indemnisation des blessés, dont les montants sont à la hausse. Il y a enfin l'harmonisation des primes entre hommes et femmes, qui entraîne mécaniquement une hausse des tarifs appliqués à ces dernières.

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Pourquoi ça devrait pourtant baisser. Pourtant, à en croire Stanislas di Vittorio, président et fondateur du site comparatif d'assurances Assurland, le compte n'y est pas. "2012 a été une bonne année en termes de sinistres automobiles", explique-t-il. En effet, d'après les chiffres de la Sécurité routière, seuls 60.500 accidents corporels ont été dénombrés, contre 65.000 un an plus tôt. Selon lui, "ça pose une vraie question. Dans une période difficile, c'est peut-être la branche où les assureurs sont plus à l'aise."

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Et si on regarde au-delà des assurances "auto" ? L'explication est sans doute là : comme les assurances santé sont déjà très élevées et que l'assurance-vie se porte moins bien (en 2012, les Français ont retiré 3,5 milliards d'euros de leurs plans d'épargne), les compagnies pourraient être tentées d'augmenter les primes sur l'automobile pour compenser la baisse globale de leurs revenus. "C'est une assurance qui est obligatoire et qui, sur le cours d'une vie, tend à diminuer. Les clients sont donc moins sensibles aux augmentations", souligne Stanislas di Vittorio.

De leur côté, les assureurs se défendent de tels comportements, et expliquent que leurs activités sont "étanches" entre elles, c'est-à-dire qu'ils ne peuvent pas augmenter l'une pour compenser la baisse de l'autre. Mais en coulisses, certains reconnaissent qu'avec les difficultés rencontrées dans certains pays, notamment en Grèce où les créanciers d'Athènes ont dû renoncer à une grande partie de leurs titres de dette, la tentation d'améliorer le résultat global est bien là.