517 emplois supprimés chez Auchan : "Un changement nécessaire de modèle", pour le directeur général

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Dans le cadre d'un plan de réorganisation de l'enseigne, Auchan annonce la suppression nette de 517 emplois au siège du groupe. Présenté aux organisations syndicales mardi, le plan vise à doubler la rentabilité de l'enseigne, qui a connu d'importantes pertes en 2018.
ANALYSE

Auchan Retail annonce la suppression de 517 emplois au siège du groupe, dans la région lilloise. Il s'agit d'un plan de départs volontaires, dans le cadre d'une stratégie de relance de l'enseigne, et d'une réorganisation de l'offre commerciale dans les magasins. Un plan motivé par un "changement nécessaire de modèle", selon Jean-Denis Deweine, directeur général du groupe, qui a connu des pertes de plus d'un milliard d'euros l'an dernier

"Nous devons adapter notre modèle historique au nouveau contexte commercial du XXIème siècle", explique le directeur du groupe au micro d'Europe 1. Dans le cadre de ce plan de réorganisation, les magasins Auchan proposeront par exemple de nouveaux produits alimentaires bios ou locaux, et mettront des surfaces de vente à la disposition de producteurs de proximité. "Quand on transforme la vocation de nos magasins, on transforme aussi nos méthodes de travail, donc forcément les métiers qui sont en amont de nos magasins", explique Jean-Denis Deweine.

"Adapter les métiers aux évolutions des nouvelles technologies"

Les postes concernés sont ce que l'on appelle les "fonctions support", c'est à dire les emplois administratifs, les ressources humaines, la comptabilité, les services des achats... "Il faut adapter ces métiers aux évolutions des nouvelles technologies. C'est un mouvement de transformation. Aujourd'hui, le changement est permanent dans les entreprises de notre type", poursuit le directeur général du groupe Auchan. 

Malgré l'érosion spectaculaire des ventes et des pertes qui atteignent le milliard d'euros en 2019, Jean-Denis Deweine est convaincu que le modèle de l'hypermarché reste viable. Le plan présenté mardi matin aux organisations syndicales doit permettre de multiplier par deux la rentabilité de l'enseigne. "Ce n'est pas les 1.000 qu'on avait attendus, c'est donc moins pire" que prévu, a réagi Guy Laplatine, délégué CFDT, qui reste "inquiet". "De fait, on est environ à 20% d'emplois qui disparaissent par rapport au nombre de postes occupés sur le périmètre global, et notamment sur la partie française", a-t-il précisé.

Son collègue Bruno Delaye, délégué syndical Retail d'Auchan France, a qualifié quant à lui le projet de "brutal", qui nécessite des "éclaircissements". Un comité social et économique extraordinaire (CSE) doit se tenir le 28 janvier prochain. 

Europe 1
Par Lionel Gougelot, édité par Lucie de Perthuis