Viktor Vincent, mentaliste : "C’est terrifiant de se dire que notre corps nous trahit constamment"

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Mentaliste sous les projecteurs, reconnaissable à sa moustache façon 19e siècle, Viktor Vincent raconte les dessous de sa profession au micro d'Isabelle Morizet.
INTERVIEW

Ils ne sont qu'une trentaine de professionnels en France. Viktor Vincent est l'un de ces mentalistes, ces illusionnistes qui devinent en ayant l'air de lire dans les pensées. Un art popularisé par la série The Mentalist avec l'acteur Simon Baker. Viktor Vincent, souvent présent sur le plateau télé d'Arthur, est l'un des plus connus dans l'Hexagone.

Invité dimanche de l'émission Il n'y a pas qu'une vie dans la vie, ce spécialiste de l'illusion, en tournée avec son spectacle Les liens invisibles, a dévoilé quelques "trucs".

Langage corporel. Alors, non, l'artiste l'affirme : "Je ne lis pas dans les pensées, ce serait terrifiant. Tout cela est rationnel. Mais quelque part, c’est aussi terrifiant de se dire que notre corps nous trahit constamment. On ne peut pas ne pas communiquer. Lorsqu’on regarde un visage, des postures, on peut deviner ce qu’une personne pense", explique-t-il. "Nous ne sommes pas réellement muets, parce que nous disons énormément de choses. Ce que nous disons ne passe pas par les mots, mais par le langage non verbal." C'est donc de la fine observation des réactions des gens qu'il en déduit leurs pensées.

Entendu sur europe1 :
Lorsqu’un mentaliste vous approche pour autre chose que du spectacle ou parler de son histoire, il faut se méfier

Décorum. Pour en faire un spectacle, tout un décorum s'ajoute à ce mécanisme. "On prend de la musique, de la lumière, de la vidéo, du récit, du mentalisme, de l’illusion, des effets spéciaux pour créer un spectacle à part entière." Le tout est plus complexe à la télé, ajoute l'illusionniste, "parce qu’il faut être très efficace rapidement, se mettre au rythme de la télévision. L’une de mes premières télés, c’était avec Gad Elmaleh, il a l’habitude des caméras, moi je suis mort de peur, lui non. Là, le rapport est inversé", raconte le professionnel, qui estime d'ailleurs qu'une erreur est toujours possible.

"Jamais je ne travaillerai avec la police". Il attire aussi l'attention sur les dérivés de la profession. "Jamais je ne travaillerai avec la police (comme le fait le personnage de Simon Baker, ndlr.). Ce sont des responsabilités un peu trop complexes. Les psychologues qui ont travaillé avec la police et qui se sont trompés, il y en a eu beaucoup. D’ailleurs, je pense que lorsqu’un mentaliste vous approche pour autre chose que du spectacle ou parler de son histoire, il faut se méfier. (...) Des mentalistes arrêtent de faire du spectacle pour faire de l’argent. Dans notre métier, on appelle ça 'passer du côté obscur'. Ils vont faire autre chose : de l’escroquerie, de l’abus de confiance. On peut monter une secte en trois mois. C’est très facile, c’est très simple. Il y a des techniques pour ça, on les connaît. La manipulation peut aussi être négative."