VIDÉOS - Jean-Pierre Mocky, des coups de gueule légendaires

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Jean-Pierre Mocky est resté célèbre pour ses coups de colère, notamment lors de ses tournages.
Jean-Pierre Mocky est resté célèbre pour ses coups de colère, notamment lors de ses tournages. © JOEL SAGET / AFP
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Jean-Pierre Mocky est mort jeudi à Paris. Outre son œuvre, prolifique mais inégale, le cinéaste a construit sa réputation à travers d'innombrables coups de gueule, sur les tournages comme à la télévision.
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Entre comédies grinçantes, satires des mœurs contemporaines et polars, il était passé maître dans l'art de la dérision. Le cinéaste Jean-Pierre Mocky s'est éteint à l'âge de 86 ans, a annoncé son fils jeudi ( (sa date de naissance avait été modifiée sur les registres de l'état civil en 1942, au moment de la déportation, passant de 1933 à 1929, ndlr). Cet anar fort en gueule était aussi connu pour ses colères noires, tant sur les plateaux de cinéma que sur ceux de télé. Souvenirs…

Sur le tournage de La candide madame Duff, à Cherbourg

Son coup de gueule le plus célèbre remonte sans aucun doute à 2000. L'équipe de l'émission documentaire Strip-tease suit alors Jean-Pierre Mocky sur le tournage du film La candide madame Duff, à Cherbourg. Ses engueulades avec Dick Rivers et une équipe technique qui prend l'eau deviennent vite cultes, à tel point que ses punchlines ont même été recensées sur un site permettant de les réécouter, entre ses "MOTEUR" répétés à l'envi et son "Camefleeeeeeeeex" passé à la postérité.

"Je m'en branle du son, je parle pas, connard !"

Une autre séquence, tournée par Télématin en 2009 sur le plateau du court-métrage La Cadillac, avec Arielle Dombasle et Frédéric Diefenthal, permet de se rendre compte de l'ambiance qui règne lors des tournages du réalisateur. Avec, là encore, quelques morceaux choisis : "Je m'en branle du son, je parle pas, connard !", ou "les connards s'en vont, c'est-à-dire tout le monde part". Mais les acteurs n'ont pas l'air de s'en plaindre. "Ça fait partie du folklore", reconnaît alors Frédéric Diefenthal au micro de France 2. "Ça parait abrupte quand on ne connaît pas ou qu'on est juste spectateur, mais ce n'est que de la gentillesse."

Un clash avec l'abbé Laguérie

Dans sa longue filmographie, Jean-Pierre Mocky s'en est pris, armé de sa causticité toute personnelle, aux magouilles financières (Chut !), aux absurdités du système judiciaire (Le témoin), à l'administration (Les compagnons de la Marguerite), aux dessous de la politique (Une nuit à l'Assemblée nationale, Piège à cons), à la télévision abêtissante (La grande lessive), à la presse (Un linceul n'a pas de poches), au fanatisme sportif (À mort l'arbitre !), à la corruption généralisée (Y a-t-il un Français dans la salle ?) ou au business religieux (Le miraculé). L'une de ses envolées les plus fameuses l'a d'ailleurs été contre l'abbé Laguérie, en 1998 sur le plateau D'un monde à l'autre.

Aymeric Caron, "un petit vermisseau"

Le cinéaste a toujours eu une relation conflictuelle avec la télévision et les médias. Invité d'On n'est pas couché en 2013, il n'avait pas hésité à s'en prendre aux deux chroniqueurs de Laurent Ruquier, Natacha Polony et Aymeric Caron, avant même qu'ils n'aient vraiment le temps de donner leur avis sur son film Le Renard jaune. Mais c'est sans doute Aymeric Caron qui en avait pris le plus pour son grade, notamment avec cette attaque : "Vous n'êtes rien monsieur, vous êtes un petit vermisseau."

Contre le critique Serge Kaganski

Dans ONPC, Mocky résumait sans détours : "Je chie sur les critiques et les critiques chient sur moi". Cette tirade rappelle sa prise de bec en 2001 avec le critique Serge Kaganski, dans l'émission On aura tout lu!. "Moi, Kaganski, je m'en fous, il a qu'à chier devant les salles, s'il y a du monde qui rentre, qu'est-ce que vous voulez que ça me foute ?", avait-il tonné, dans son style caractéristique, mais avec toujours l’œil farceur.

Europe 1
Par Thibauld Mathieu