Sylvie Testud revient au théâtre avec une héroïne "féministe" dotée d'une "grande mauvaise foi"

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Au micro de Philippe Vandel, l'actrice et comédienne Sylvie Testud revient sur son nouveau rôle au théâtre. À partir de jeudi, elle tiendra le rôle principal de L'Heureux stratagème, pièce de Marivaux, créée en 1733. Dans cette pièce, elle incarne une comtesse, féministe avant l'heure, qui n'hésite pas à tromper son mari.
INTERVIEW

Après une présence accrue au cinéma cette année, Sylvie Testud revient au théâtre. Elle tient le rôle principal dans la pièce L’Heureux stratagème de Marivaux, présentée au théâtre Édouard VII à partir de jeudi. Au micro de Philippe Vandel, dans Culture Médias, elle explique en quoi cette pièce, crée en 1733, se distingue par sa modernité, à l’heure des réseaux sociaux et des applications de rencontre.

"Mon personnage, la comtesse, doit se marier avec Dorante. Mais finalement elle est attirée par le chevalier qui, lui, doit se marier avec la marquise", raconte Sylvie Testud. "La marquise et Dorante décident alors de mettre en place un stratagème pour que la comtesse tombe amoureuse de l’homme avec lequel elle devait se marier."

Une comtesse au comportement masculin 

Dans cette œuvre, l’infidélité figure donc au cœur de l’intrigue. Et, sur ce plan, la comtesse, au caractère bien trempé, ne se gêne pas pour franchir la ligne rouge. "Elle veut bien tromper son mec mais elle ne veut pas qu’il la laisse. Elle veut quand même qu’il soit amoureux d’elle", analyse la comédienne, qui décrit un personnage de "très mauvaise foi" qui veut "briller". "Elle se comporte exactement comme les messieurs dont elle se moque", ajoute-t-elle.

Sylvie Testud va plus loin, en dépeignant une héroïne "féministe". "La comtesse dit au début de la pièce : ‘Est-ce que les hommes font autant de manières que nous pour quitter une femme ? Est-ce qu’ils ont des privilèges sur ce plan là ?’".

Une pièce sur l'infidélité et la séduction 

La comédienne dresse alors de nombreux parallèles entre les relations amoureuses actuelles et celles du XVIIIe siècle. Parmi ces liens entre passé et présent, elle cite notamment "le désir de plaire, l’impression que l’on vaut plus quand les gens vous regarde, quand on est désirés par son charme par son côté sexy".  

"J’ai voulu prouver ma valeur en essayant de draguer ce chevalier dont je n’ai rien à secouer", résume Sylvie Testud en empruntant la voix de la comtesse. Ce comportement lui évoque, sans hésitation les nouveaux codes amoureux de notre époque. "À l’heure des réseaux sociaux, on ne veut pas plaire à un, à deux, à trois mais à un million de followers", affirme-t-elle.

Europe 1
Par Philippe Vandel, édité par T.F