Pourquoi dit-on d'une personne qui a beaucoup d'ego qu'elle a les "chevilles enflées" ?

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Mercredi dans "Historiquement vôtre", Stéphane Bern raconte l'origine de l'expression "avoir les chevilles qui enflent". 1:53
Mercredi dans "Historiquement vôtre", Stéphane Bern raconte l'origine de l'expression "avoir les chevilles qui enflent". © Pixabay
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Chaque jour dans "Historiquement vôtre", Stéphane Bern raconte l'origine d'une expression française. Pourquoi dire d'une personne ayant un fort ego qu'elle a les chevilles qui enflent, s'interroge-t-il mercredi. Cette locution remonterait soit au mythe grec d'Œdipe, soit à la cour de Louis XIV. 

Quel est le rapport entre la taille de l'égo et celle des chevilles ? Aucun d'un point de vue scientifique, proportionnel d'un point de vue linguistique. Mercredi dans "Historiquement vôtre" sur Europe 1, Stéphane Bern raconte l'origine de l'expression "avoir les chevilles qui enflent". Elle remonte selon certains au mythe d'Œdipe, selon d'autres à la cour du Roi Soleil, Louis XIV. 

L’expression vient d’Œdipe, celui-là même qui a tué son père et joué à la bête à deux dos avec sa mère. Le garçon était connu pour avoir un ego surdimensionné. Quand il tue le sphinx, il n’a pas le triomphe modeste : "Venu sans rien savoir, je l’ai fait taire par ma force d’esprit", déclare-t-il. Et il se trouve qu’en grec, Œdipe signifie littéralement "pied enflé". Il avait reçu ce nom car il était né avec un pied déformé, mais l’expression serait restée.

Une vantardise de courtisans

Une autre explication peut faire le lien entre des chevilles qui grossissent et l’égo qui enfle. A l’époque de Louis XIV, certains courtisans obtenaient l’autorisation de porter des talons rouges à leurs chaussures pour imiter leur souverain. Afin que tout le monde remarque cette distinction royale, ces derniers avaient l’habitude d’élargir le haut de leurs chaussures, à tel point que leurs chevilles paraissaient enflées.

"Les gens sans talent mais prétentieux n’ont pas d’autres ressources que de nier les talents véritables", écrit Tchekhov dans Les mouettes. Gardons cela en tête la prochaine fois qu’un balourd tentera de nous rabaisser.

Europe 1
Par Stéphane Bern