Pierre Arditi : "Le poulet rôti de ma grand-mère était un chef-d'oeuvre"

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Autour de la Table des bons vivants, l'acteur évoque ses souvenirs culinaires d'enfance et ses goûts d'aujourd'hui.

Il a incarné un enquêteur œnologue dans la série Le sang de la vigne. Mais Pierre Arditi, qui joue en ce moment un Tartuffe revisité au théâtre de la Porte Saint-Martin, est également un grand amateur de vin dans la vie. En tant qu'acteur gourmet, il était l'invité samedi de La table des bons vivants.

Poulet rôti et frites. Comme sur une scène, l'acteur a d'abord poussé un cri du cœur dans le studio d'Europe 1 contre sa déception culinaire de la semaine. C'était face à un bocal de sauce bolognaise commerciale : "C'était une offense à la cuisine italienne. Même moi qui ne suis pas une pointure, j'aurais fait nettement mieux en la faisant moi-même." Il avait d'ailleurs quelques prédispositions familiales : "Ma grand-mère n'était pas une vraie cuisinière, mais c'était une rôtisseuse, ça ne s'apprend pas ! Le poulet rôti de ma grand-mère est un chef-d'oeuvre dont je n'ai jamais retrouvé la trace !"

De sa mère, "la femme de [s]a vie", il évoque la "poule au riz sauce suprême qui était à mourir". "C'est le premier goût que j'ai aimé dans ma vie", reconnaît-il. Il se souvient aussi de ses frites. "Elle était Belge. Je n'en ai jamais retrouvé l'équivalent. Elles étaient à la fois pas grasses, croustillantes, dorées et moelleuses à l'intérieur."

On n'est pas obligé de faire subir à l'animal une double peine

"Je fais gaffe à ce que je mange". Les souvenirs agités, Pierre Arditi revient au présent et à l'automne. "On va rentrer dans une saison où j'aime moins les légumes. Les racines, ça m'emmerde", lance-t-il, plus appréciateur des cèpes de saison. De manière générale, l'acteur s’intéresse à son assiette : "Je fais gaffe à ce que je mange. Ce n'est pas forcément bio intégriste mais simplement, quand je mange de la viande, je vais la chercher là où je sais qu'elle a été élevée, pouponnée, bichonnée, sans souffrance. Je ne suis pas pour ne pas manger de viande mais on n'est pas obligé de faire subir à l'animal une double peine. Il va mourir, alors respectons-le", lance le comédien, qui souhaite aussi le respect de la profession bouchère : "L'intégrisme est à combattre de quelque côté qu'il se trouve."

Quand Pierre Arditi répond au questionnaire des bons vivants...

-Votre mot préféré en cuisine ?

"Revenir... faire revenir. Comme je suis obsédé par la faim, au fond, ça veut dire que rien ne cesse jamais."

-Le plat que vous ne pouvez pas manger ?

"Les endives. C'est ma mère qui les faisait, je pense qu'elle ne les faisait pas blanchir, c'était d'une amertume totale. Je hais toujours les endives cuites."

-Quels sont les invités de votre dîner idéal ?

"Mon fils, la fille de ma femme, ma petite-fille. Eux sont des juges sans pitié." 

-Le dernier plat que vous leur avait fait ?

La caldeirada. C'est une sorte de bouillabaisse portugaise avec des coquillages, de la seiche, de la lotte, des poivrons, des oignons, des gambas ou des langoustines qu'on pose à la fin de la cuisson.

-Quel plat emmèneriez-vous sur une île déserte ?

Soit le poulet rôti de ma grand-mère, soit le poulet sauce suprême de ma mère. Je me dirais que seul, isolé, je retournerais en enfance et rien ne pourrait m'arriver.

-Le mot de la FAIM ?

"Contrairement à Sasha Guitry qui répondait 'ça jamais' quand on lui demandait le mot de la fin, pour la faim F-A-I-M, je réponds 'ça toujours'."