Philippe Geluck : "Parfois, je pleure de rire sur mes dessins !"

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Philippe Geluck expose des toiles à Honfleur, en Normandie, du 20 juin au 8 juillet. Trente-cinq ans de carrière plus tard et quatorze millions d'albums vendus, le papa du Chat a gardé un enthousiasme intact. 
INTERVIEW

"Je suis connu dans le monde entier mais le monde entier ne sait pas encore". Au micro de Philippe Vandel sur Europe 1, dans Ceci dit, Philippe Geluck plaisante. Mais comme dans toute plaisanterie, il y a dans son affirmation une part de vérité. Avec ses trente-cinq ans de carrière et ses quatorze millions d'albums vendus, le papa du Chat a une notoriété certaine.

"J'ai l'impression d'être Mondrian". Et pourtant, c'est dans une petite galerie normande, Honfleur, à la galerie Bartoux, qu'il exposera ses toiles du 20 juin au 8 juillet ainsi qu'aux Greniers à sel. Le dessinateur belge introduit son célèbre chat dans différents univers picturaux. "Je me les réapproprie, explique-t-il. J'ai l’impression d’être Mondrian quand je travaille sur Mondrian. Quand je travaille sur Pollock, j’ai l'impression d’être Pollock". 

"Récemment, j'ai terminé un hommage à Soulage", poursuit-il. "Une toile dans laquelle le Chat contemple un faux Soulage. Faire du Soulage, c'est juste magnifique, j'ai l'impression d'être dans sa tête une heure ou deux".

"Ce que j'ai de plus noir en moi". L'enthousiasme est resté intact chez Geluck. "Je ne ris pas à chaque dessin que je crée", concède-t-il. "Mais de temps en temps, quand il est particulièrement bien ciselé et bien tapé, ça me fait rire moi-même. Parfois, mes collaborateurs me voit pleurer de rire sur une feuille de papier !"

Et le rire naît souvent de dessins "incorrects". "L'avantage , c'est que le Chat peut tout dire", assure son créateur. En octobre, Philippe Geluck sortira d'ailleurs un nouvel album au titre évocateur : Geluck pète les plombs. "Il y aura dans ce livre tout ce que j'ai de plus noir en moi", prévient le dessinateur. "Des dessins insoutenables et incorrects, souvent publiés dans Siné mensuel ou Siné hebdo". 

Les dialogues du vagin. Le dessinateur et fondateur de ces deux magazines, pourtant connu pour son côté subversif, est d'ailleurs le seul à avoir censuré un dessin de Geluck. "C'était au moment de primaires de la gauche", se souvient Philippe Geluck. "Il y avait une lutte entre Ségolène Royal et Martine Aubry. J'avais dessiné deux sexes féminins en gros plan avec pour titre : 'Après les monologues du vagin, voici les dialogues du vagin' ; Les deux sexes bavardaient. L'un disait : 'tu vas voir ta gueule aux primaires'. L'autre répondait : 'j'm'en bats les couilles".

"C’était un petit peu violent, je l'admets", assume Philippe Geluck. "Mais n’empêche que ça a fait rire !" Le Chat pète les plombs et... le public en redemande !

Europe 1
Par Pauline Darvey