Confinement : "On a l'obligation morale d'ouvrir les librairies", plaide Philippe Besson

  • A
  • A
Partagez sur :
Les librairies ne rouvriront pas. Le gouvernement a tranché, restant sourd aux nombreuses mobilisations médiatiques pour défendre les commerçants indépendants. Faute d'être entendus, les professionnels tentent de s'adapter et appellent leurs clients à privilégier une alternative aux géants de la vente en ligne. 
INTERVIEW

Le gouvernement a tranché : les commerces non essentiels ne rouvriront pas. En parallèle, les grandes surfaces ne pourront plus vendre ces types de produits dans leurs rayons, à l'instar des livres par exemple. Depuis le début du confinement, les libraires se mobilisent pour rouvrir leurs portes, soutenus par des pétitions, des éditeurs ou encore les jurés du prix Goncourt, qui ont décidé de décaler la remise du prix littéraire. En attendant, la profession tente de s'organiser pour faire face, tout en affirmant la nécessité d'une réouverture. "On a une obligation morale et intellectuelle d'ouvrir les librairies au plus vite", assure l'écrivain Philippe Besson, sur Europe 1. 

L'importance des livres

"Je suis comme beaucoup de Français, favorable au confinement, et les libraires qui sont avec nous sont dans la même situation. Mais considérer que la librairie n'est pas un commerce essentiel est d'une absurdité, d'une stupidité fondamentale", renchérit l'auteur, signataire d'une tribune parue dans Le Monde ce week-end intitulée : "Ouvrir toutes les librairies comme toutes les bibliothèques, c'est faire le choix de la culture".

"Les livres, c'est ce qui permet de s'évader, de réfléchir, de prendre du recul, de s'armer intellectuellement. Dans une époque où l'obscurantisme progresse, c'est une mission essentielle. Les livres sont toujours un moyen d'échapper à la réalité. C'est aussi un outil d'éveil, d'émancipation. Comment s'exerce la liberté d'expression s'il n'y a plus de gens qui peuvent écrire des livres, plus de gens qui peuvent en lire, des essais, des BD : cela devient très virtuel", ajoute-t-il. "On nous parle en permanence d'expression culturelle française, pour s'en gargariser. C'était franchement le moment de le montrer, sinon ce n'est que de la vantardise et du discours parfaitement creux."

L'écrivain Philippe Besson appelle également à éviter le plus possible les achats sur Amazon, tout en anticipant les cadeaux pour les fêtes. Cela permettrait ainsi aux librairies de récupérer de la trésorerie. Pour soutenir les libraires, d'autres sites internet de vente en ligne indépendants existent tels que placedeslibraires.fr ou encore librairiesindépendantes.com

Europe 1
Par Mathilde Durand