Lara Fabian : "Je ne changerais pas un iota, un centimètre du chemin"

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La chanteuse sort un nouvel album intitulé "Papillon", poursuit son travail de coach dans "The Voice" Canada et envisage d'ouvrir une école. Entre toutes ces activités, elles s'est confiée à Isabelle Morizet.
INTERVIEW

Elle se fait plutôt rare dans les médias français. Pourtant, elle porte une carrière de 25 ans, qui plus est internationale. Actuellement au Québec pour être coach dans La Voix, la version canadienne de The Voice, la chanteuse connue en France depuis 1997, sort aussi un nouvel album, Papillon. Elle est revenue sur sa vie cosmopolite et ses projets à venir dans l'émission Il n'y a pas qu'une vie dans la vie.

Un "enfant qui chantait"

De Lara Fabian, on connaît la voix quasi diva, et ses chansons aux envolées puissantes : Je t’aime. Adagio. I will love again... On sait moins qu'elle a sillonné et vécu dans différentes parties du globe. Née en Belgique d'une mère sicilienne d'origine andalouse et d'un père belge, Lara Fabian était l'enfant unique de parents qui chantaient. "Ça me définissait. J’ai toujours été un enfant qui chantait." À 5 ans, elle l'annonce : "Papa je suis chanteuse." Douze ans plus tard, elle porte les couleurs du Luxembourg à l'Eurovision 1988, puis c'est au Canada que sa carrière décolle.

Pédagogie et école d'artistes

Elle y part en conquête à 20 ans avec son compositeur Rick Allison. Son père avait mis "les économies d'une vie" dans son premier album. Un espoir qui s'était transformé en gloire. Rapidement, le Canada avait adopté son côté "enfantin, solaire, enjoué." Aujourd'hui, après avoir quitté sa maison d'Andalousie avec fille et mari, elle est de retour au Québec où depuis deux saisons, elle est coach dans "La Voix". "On devrait rester à Montréal pour quelques années encore. C’était un vrai pari. La maman en moi était très inquiète et finalement, ça a été un très beau choix. (...) J’ai retrouvé un public qui m’a vue autrement, pas juste comme la chanteuse mais comme l’être humain. C'est une bombe d’amour assez foudroyante", dit-elle, comblée par le côté pédagogue de l'émission. 

Entendu sur europe1 :
L’époque n’est plus aux envolées lyriques récurrentes juste pour marquer la performance

Elle qui vient aussi de sortir un nouvel album intitulé Papillon a le recul de la maturité : "L’époque n’est plus aux envolées lyriques récurrentes juste pour marquer la performance. On peut l’être sur scène si c’est notre ADN et c’est le mien mais ce n’est pas la modalité musicale la plus écoutée aujourd’hui." En alliant sa propre expérience et son vécu de coach, elle souhaite d'ailleurs créer une école d'artistes en 2020.

"Moi-même j’ai rencontré sur le chemin des femmes vraiment importantes. C’est une grande traversée, un grand voyage ce métier. J’ai vu à quel point les conseils techniques étaient importants, comme écouter et comprendre les besoins d’un artiste. Il faut un peu de courage aussi et un peu de détermination. Et surtout, je crois qu’il faut être lucide. C’est quelque chose que l’on oublie parfois surtout après un succès", glisse-t-elle.

Stromae, Mathilde Seigner

La chanteuse débuterait cette nouvelle page au Québec, encore une fois. "Je verrai comment c’est reçu, accueilli" avant de peut-être poursuivre l'expérience scolaire en Belgique. À la veille de ces 50 ans, elle l'assure : "Je ne changerai pas un iota, un centimètre du chemin, qui me mène à être ici. J’ai la sensation que c’est mon destin et que c’est juste que ce soit comme ça." Reste quelques rêves lancés à la volée : peut-être collaborer avec Stromae, qu'elle trouve "pionnier et inspirant", passer du temps au Japon pour la culture du pays qu'elle "aime profondément" et aussi pourquoi pas tourner une comédie avec... Mathilde Seigner.

Europe 1
Par Aurélie Dupuy