Jonathan Lambert : "On a tous une sorte de fascination, peut-être malsaine, pour les personnages dérangeants"

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L'humoriste revient sur les planches avec un one man show consacré... aux dictateurs. Invité d'Isabelle Morizet sur Europe 1, il a confié que le sujet le fascinait.
INTERVIEW

Son envie de scène, Jonathan Lambert a eu beaucoup de mal à se l'avouer. "J’avais l’impression que c’était le rêve de tout le monde." A 44 ans, son envie s'est depuis longtemps concrétisée. L'humoriste revient même sur les planches avec un nouveau one man show intitulé Looking for Kim. Le spectacle balaye 2.000 ans de dictature, de Caligula à Kim Jong Un. L'humoriste a expliqué son choix de sujet audacieux dans l'émission Il n'y a pas qu'une vie dans la vie.

"Une sorte de fascination malsaine". Les dictateurs, Jonathan Lambert les avait déjà "approchés", dans un programme pour Arte qui s'appelait Kim Kong. La série racontait comment un dictateur asiatique fan de cinéma capturait un cinéaste pour le contraindre à réaliser des films pour sa patrie. Mais pourquoi un tel intérêt pour les dictateurs ? "On a tous une sorte de fascination, peut-être malsaine, pour les personnages dérangeants", explique le comédien qui a aussi inventé toutes sortes de personnages monstrueux pour ses sketchs.

"Les monstres que j'ai créés sont des gentils à côté de ceux-là, qui ont vraiment existé", souligne-t-il. Mais sa fascination remonte à son plus jeune âge. Déjà à 5 ans, en tombant sur un reportage sur Hitler, il relève "quelque chose de grotesque" dans le personnage. "Je ne pouvais pas comprendre que ce truc presque burlesque puisse être un monstre."

Entendu sur europe1 :
C’est effrayant, mais j’ai pris le parti d’en rire, en mettant en exergue leurs conneries, leurs folies.

"Un épisode de T'choupi". Tous les dictateurs, souligne-t-il, ont ce dénominateur commun. "Il y a une vraie part de spectacle dans la dictature, c’est un spectacle qui a mal tourné. Ils aiment travailler sur leur look, leurs accroches", dit-il au sujet du culte de la personnalité. "C’est effrayant, mais j’ai pris le parti d’en rire, en mettant en exergue leurs conneries, leurs folies". Et l'humoriste ne s'arrête pas au au physique, mais insiste aussi sur les noms. "Parfois, on a l’impression d’être dans un épisode de T'choupi. Amin Dada, il y a quelque chose de tout à fait mignon. Pol Pot, c’est la même chose. Il y a un petit côté pop, alors que c’est quand même un type qui a réussi à tuer un cinquième de son pays pendant son règne ! (chef des Khmers rouges pendant la guerre civile cambodgienne, de 1967 à 1975, ndlr)."

 

Il n'y a pas que les dictateurs, les pâtisseries aussi

Loin de la fascination pour les dictateurs, Jonathan Lambert avoue aussi un faible pour... les pâtisseries. Et notamment les gâteaux du chef pâtissier normand Jean-François Foucher. "J’allais souvent le week-end en Normandie et j’étais fan de ses gâteaux. On n'a qu’une vie et j’ai envie d’en avoir plein dans cette même vie." Et l'humoriste d'ajouter : "J’ai toujours voulu investir dans le commerce de bouche." Des raisons suffisantes pour qu'il prie le chef d'ouvrir une boutique à Paris en l'assurant de son soutien, quitte à faire marcher ses réseaux établis au moment où il travaillait avec Jean-Pierre Coffe. La boutique est désormais ouverte, avec un trio à sa tête : le chef, un autre associé et l'humoriste, qui  exerce de temps en temps... à la vente. 

Europe 1
Par A.D