Weber après l'affaire Weinstein : "La question de la position de la femme est reposée"

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Favorable à l'expression de toutes les opinions pour alimenter le débat, le comédien s'insurge contre les inégalités criantes que subissent toujours les femmes.
INTERVIEW

Après avoir joué Flaubert au théâtre, Jacques Webert a tiré un livre de la correspondance de l'écrivain, dont le titre est une citation : Vivre en bourgeois, penser en demi-dieu. Invité dans l'émission Ceci dit, le comédien est revenu sur l'un des sujets d'actualité qui a agité le monde : la libération de la parole des femmes et les prises de position qui ont suivi le scandale Weinstein, notamment avec #BalanceTonPorc et #Metoo.

"La question de la position de la femme est reposée". L'acteur a précisé sa pensée sur Europe 1. "Dans un article écrit avec une journaliste, j'ai pris le temps de m'exprimer parce que je ne veux pas m'exprimer rapidement là-dessus. C'est très compliqué", annonce-t-il, avant d'étayer : "Ce n'est pas simplement le harcèlement sexuel qui est en cause mais c'est la question de la position de la femme qui est reposée. A partir de ce moment-là, des choses s'expriment, et quand on s'exprime, c'est forcément excessif et c'est parce que c'est excessif que ça provoque une réaction." Et le comédien de préciser : "Ça provoque une réaction de Millet, de Lévy, même s'il y en a dans ces grands noms que je n'aime pas." Elizabeth Lévy et Catherine Lévy avaient notamment signé dans Le Monde une tribune sur la liberté d'importuner qui avait fait polémique. 

"Totalement injuste sur le plan social et économique". Catherine Deneuve était également l'une des signataires. "Catherine Deneuve est revenue dessus. Mais je dis que tout ça doit exister. La polémique est vivante, la pensée reste active et à l'écoute de ce qui est en train de se passer." Mais au-delà d'un certain bienfait du débat, le comédien revient à ce qu'il considère comme le problème global : "Je dis que tant qu'on n'aura pas soulevé le vrai problème, qu'on ne se sera pas scandalisé de la vraie position de la femme et qu'on restera dans une situation aberrante, totalement injuste sur le plan social et économique, le problème ne sera pas traité. Feydeau avait invité une pièce où c'était la femme qui était la plus forte et qui offrait des fleurs aux hommes. Toute le monde était renversé et ça faisait réfléchir."