David Foenkinos : "Quand j'écris, j'aime bien être déraciné par ce que je peux voir"

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Dans "Le Club de l'été", David Foenkinos évoque sur Europe 1 son quotidien d'écrivain, fait de voyage en train, entre Souchon et Schubert.
INTERVIEW

Pas le même lieu, le même cadre, la même routine. Dans Le Club de l'été sur Europe 1, lundi, David Foenkinos a confié ses secrets d'écriture, avec une lubie : "J'adore écrire dans le train", raconte l'auteur de Charlotte et du Mystère Henri Pick, entre autres romans.

Accepter des dédicaces éloignées pour écrire

C'est notamment le cas pour Deux Soeurs, son dernier livre paru aux éditions Gallimard cette année. "Je l'ai écrit quand je suis parti en Suisse et en Allemagne", indique l'auteur, guidé par le besoin d'"être déraciné" par ce qu'il "peut voir", "de ne pas savoir forcément où [il est]" : "Ça m'arrive d'accepter des dédicaces ou des rencontres avec les lecteurs à l'autre bout de la France simplement parce que je sais que j'ai trois, quatre heures de train aller-retour."

" Je peux écrire dans les hôtels où je peux être. Le lit, c'est le lieu où j'écris "

Il n'y a pas que dans les TGV que David Foenkinos trouve l'inspiration : "Je peux écrire dans les hôtels où je peux être", poursuit-il. "Le lit, c'est le lieu où j'écris. Ce qu'il me faudrait, c'est un wagon-lit ! Non, je plaisante, c'est l'angoisse de dormir dans un train", se reprend l'écrivain.

"Deux Soeurs, un livre assez silencieux"

Voilà pour le lieu. Et pour l'ambiance sonore de son dernier roman, marqué par la relation dense entre Mathilde et Agathe ? "Deux Soeurs est une sorte de thriller émotionnel et je n'écoutais pas quelque chose de précis [durant l'écriture]", raconte David Foenkinos. "Ç'a été un livre assez silencieux. Il fallait rester concentré sur le côté inquiétant et ce n'était pas la peine d'accompagner ça d'une bande-son."

"Mais c'est vrai que pendant La Délicatesse (2009), j'ai écouté Alain Souchon". Quand j'ai écrit mon roman sur Charlotte Salomon [Charlotte, en 2014, NDLR], j'ai écouté Schubert", retrace le lauréat du Prix Renaudot 2014. "Pendant Le Mystère Henri Pick (2016), c'était beaucoup de jazz." De quoi rendre unique chaque trajet en train.